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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 18:03

Les interventions du FMI, pour tenter de régler les soucis de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal, et bien évidemment l'affaire DSK, auront au moins eu le mérite de placer sous les projecteurs cette institution créée en 1944. De plus, l'ensemble du petit monde politico-médiatico-financier ne cesse de chanter ses louanges d'une seule et même voix. Autant de raisons de regarder d'un peu plus près ce qui se cache derrière ces trois fameuses lettres... 

 

L'objectif initial du Fond Monétaire International était de garantir la stabilité monétaire mondiale. Plus tard, le système des taux de change fixes ayant disparu, son rôle sera étendu pour palier aux crises financières et servira surtout à aider les pays en voie de développement.

 

Les 187 pays membres (en fait tous les pays du monde à l'exception d'Andorre, de Cuba, de la Corée du Nord, du Swaziland, du Vatican, du Liechtenstein, de Monaco, et de Nauru ), financent de façon variable l'institution, et possèdent des voix au conseil d'administration en fonction de cet apport financier. Les Etats Unis étant les plus gros pourvoyeurs de fonds, ils disposent de ce fait de 17% des voix et par conséquent d'un droit de veto puisqu'il faut 85% des voix pour qu'une décision soit prise. L'Europe aussi mais dans sa globalité et l'accord n'étant pas toujours possible, son veto est bien plus hypothétique. Les 48 pays d'Afrique sub-saharienne, représentant 840 millions d'habitants, ne disposent quant à eux que de 4,56 % et de seulement 2 administrateurs...

Depuis sa création, c'est toujours un européen qui le dirige, les Etats Unis se gardant en échange la direction de la Banque Mondiale. La France l'a dirigé à 4 reprises ( le plus souvent donc ) sur une durée totale de 37 ans. 

 

fmi-economie

 

 Et son principal levier pour venir en aide aux pays en difficulté, c'est le prêt, aidé en cela par son bras armé qu'est la Banque Mondiale. On pourra s'interroger sur la pertinence de prêter de l'argent à un pays qui est déjà surendetté... D'autant plus que le FMI ne prête pas sans intérêts. Et en matière d'intérêt, on peut dire qu'il s'y connait. Car outre un taux classique, actuellement de l'ordre de 3,5 %, le fond Monétaire impose à ses "clients" des efforts dit "structurels" pour garantir le remboursement, ainsi qu'un assainissement de la situation économique de l'emprunteur. Et là, on entre dans un système très au point de phagocytage des ressources et des services publics du pays concerné. En effet, le discours du FMI est simplissime: Vous avez des dettes, vous ne pouvez plus les honorer ? On vous prête que quoi les éponger mais en échange, vous devez réduire drastiquement vos dépenses et vendre vos biens. Ce qui signifie, pour une nation, de privatiser ses services publics et de brader ses ressources au plus offrant, le tout dans des délais extrêmement réduits. "Heureusement" derrière le FMI, il y a la puissance américaine et ses entreprises qui bien évidemment sont toutes prêtes à reprendre, souvent pour une bouchée de pain, bon nombres des actifs des pays endettés. Une colonisation qui ne dit pas son nom mais qui s'avère bien plus efficace que celle des siècles passés. En un mot comme en cent, plus le monde va mal, plus le FMI et la Banque Mondiale engrangent d'intérêts et plus leur système est efficace et florissant. Quant aux multinationales, elles se frottent les mains, n'hésitant pas à appliquer les dures lois de l'économie de marché au beau milieu de la famine et de la pauvreté...

On entend depuis quelques temps que DSK a été un brillant directeur du FMI. Je répondrais qu'il a simplement été là au bon moment et que la machine a tourné à plein régime grâce à la crise...  

 

debt cartoon lg

 

Deux exemples :  

 

En 2001, en échange d'un prêt de 103 millions de dollars, le Ghana va se voir contraint d'accepter les règles du FMI. Le pays va donc privatiser l'exploitation de ses mines de bauxite et d'or, son service de distribution d'eau potable et d'électricité, ainsi que son service de santé au profit de compagnie multinationales. Le résultat, quelques temps plus tard, sera la quasi disparition de l'agriculture vivrière locale en raison d'une exploitation minière outrancière confisquant 70% des terres agricoles. Cela a transformé radicalement le pays qui est devenu obligé d'importer sa nourriture alors qu'il était autosuffisant. Mais c'est une affaire très rentable pour les américains puisque le Ghana leur achète à présent son riz... De la même manière, les prix de l'eau et de l'électricité ont doublé, éloignant un peu plus de ces ressources indispensables les familles les plus pauvres. Enfin, la santé devant devenir rentable (!!!), les hôpitaux séquestrent leurs patients, vous avez parfaitement lu, tant qu'ils n'auront pas payé la note de leurs soins... Huit ans plus tard, en 2009, la situation ne s'est pas améliorée et le FMI va prêter 1,02 milliards supplémentaires au Ghana, aggravant encore plus sa dette... Le comble de l'histoire, c'est que le Fond Monétaire International cite le Ghana comme exemple de la réussite de ses méthodes !

 

Plus proche de nous, les contraintes que le gouvernement grec impose à sa population ( baisse des salaires, coupes sombres dans les services publics, augmentation des impôts et création de taxes nouvelles, réduction des retraites, assouplissement des règles de licenciement ) ne viennent pas de lui-même mais lui sont imposées par le FMI et l'ensemble de l'Union Européenne en échange d'un prêt de 110 milliards au total. Pour que les autres peuples européens trouvent la punition "juste", DSK et bien d'autres se sont empressés de dénoncer la fraude fiscale, devenue un sport national là-bas. C'est certainement vrai mais un peu léger pour justifier le retrait de l'Etat grec dans de multiples services publics vitaux comme la santé, l'énergie ou les transports. Et devinez, là encore, qui va venir en Grèce pour profiter des bonnes affaires ?

 

Tant que le phénomène ne touchait que les pays peu développés en Afrique ou en Amérique du Sud, peu d'européens se souciaient des agissements du FMI. A présent, son champ d'action se trouve en plein milieu de l'Union Européenne. Lorsqu'on aura compris qu'en plus, l'origine de toutes ces difficultés n'est rien d'autre que la transformation par un joli tour de passe-passe de la dette privée des banques et des spéculateurs en dette publique des Etats, la pilule est non seulement difficile à avaler mais carrément insupportable à digérer !

Et ce n'est pas terminé...

 

FMI BM dette

 

 

 


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commentaires

B
Peux-tum'expliquer le tour de passe-passe, mentionne enfin d'article.
Répondre
B
Peux-tum'expliquer le tour de passe-passe, mentionne enfin d'article.
Répondre

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Les politiques, sauf rares exceptions,ne sont que des bouffons sans talent qui règnent sur un troupeau qu’ils méprisent avec soin... Qu'ils gardent à l'esprit que si nous sommes le troupeau, eux n’en sont que les chiens de garde...

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