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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 12:56

 

C'était en décembre 2006. Elle avait 23 ans. Elle avait donné un petit concert très intimiste à Dingle, dans une petite chapelle perdue au sud-ouest de l'Irlande. Elle était à ce moment là au sommet de son art...

 

Elle, c'était Amy Winehouse. L'autre jour, la radio m'a réveillé avec un court extrait de l'album posthume qui sort dans quelques jours. Et là,  je suis tombé sous le charme...

 

 

 

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 11:13

Quand j'étais plus jeune (il y a bien longtemps déjà !!!), la télévision diffusait très régulièrement ce que l'on appelait à l'époque des "émissions de variétés". Maritie et Gilbert Carpentier, Jacques Martin, Guy Lux et autres Michel Drucker animaient ces soirées hebdomadaires, dont nous ne pouvions entrevoir que le début pour cause de coucher tôt et d'école le lendemain ! Mes deux soeurs ainées en étaient friandes, mon frère et moi, beaucoup moins ! A l'époque, le playback régnait en maître et j'entendais mon père râler en dénonçant ce qui était pour lui un manque de respect des spectateurs. Un seul chanteur bénéficiait de son indulgence en la matière : Claude François, dont il estimait que les chorégraphies, souvent complexes, qui accompagnaient ses chansons justifiaient le fait de ne pas chanter en direct...

 

Cloclo 3

 

Et ces fameuses chorégraphies, dansées par Claude François seul, puis accompagné de ses Clodettes, on les retrouve avec un immense plaisir dans le film Cloclo, biopic retraçant la formidable carrière de ce chanteur unique en son genre.

De son enfance meurtrie à sa fin tragique à 39 ans, le film relate l'ascension de ce petit égyptien jusqu'au sommet de sa gloire. On y retrouve, ou découvre, pour les plus jeunes, un chanteur doué d'un talent incontestable, doublé d'un danseur hors pair, et d'un travailleur hors normes. On retrouve aussi un tyran, d'une jalousie insupportable pour ses proches, un coureur de jupons invétéré, et un personnage égocentrique capable du pire pour parvenir à ses fins... Homme tourmenté, obsédé par les femmes et par la réussite, il n'en demeure pas moins attachant.

Mais au delà de tous ses défauts, et de ses obsessions confinant à la maniaquerie, on aura le plaisir de réentendre de nombreuses mélodies, devenues désormais éternelles, mondialement connues pour certaines, et qui auront habité la jeunesse de bon nombre d'entre nous. Aujourd'hui, même si on n'a pas aimé Claude François à l'époque de sa gloire, personne n'est insensible à ses chansons. Cloclo fait partie de notre patrimoine. D'ailleurs, nous savons tous où nous étions et ce que nous faisions ce fameux samedi lorsque la nouvelle de sa mort est tombée...

 

Jérémie Renié, vu récemment dans Potiche ou dans le Gamin au Vélo, est littéralement époustouflant. Il campe un Cloclo plus vrai que nature, tant d'un point de vue physique que vocal, et je n'ose imaginer les heures d'entrainement qu'il lui a fallu pour danser de façon aussi impressionnante. Benoit Magimel est, quant à lui, à peine reconnaissable dans le rôle de Paul Lederman, le célèbre impresario.

 

Bref, un film à ne pas manquer pour tous ceux, et surtout toutes celles, qui n'ont pas oublié celui qui fut aussi à son époque, une idole des jeunes, mais aussi pour tous les autres... Je n'ai jamais été fan de Cloclo, mais j'ai vraiment adoré ce film !

 

 

Cloclo 1

 

Cloclo

 

un film de Florent Emilio Siri

En ce moment sur les écrans

 

  Cloclo 2

 

 

 

 

 

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 05:00

Ce n'est pas tous les jours qu'un article entre en résonance directe avec la petite phrase en exergue en haut de chaque page de ce blog ! Car il va être ici question, vous l'aurez compris, de chiens de garde. Pas nécessairement de ceux qui gardent le troupeau, mais de ceux qui filtrent soigneusement les informations qui sont susceptibles d'arriver jusqu'aux moutons, je veux parler des journalistes.

 

Ceux qui me lisent régulièrement auront déjà mesuré la méfiance que j'ai vis à vis de ce qu'il est convenu d'appeler "l'élite" de cette profession, ceux qui sont aux manettes, à la télévision, à la radio, ou encore dans les grands titres de la presse écrite... Je précise que je ne mélange pas ces cadors avec ceux qui sont moins célèbres, qui ne fréquentent pas les salons de la république, et qui, dans l'ombre, font quotidiennement leur boulot en respectant la déontologie de leur profession. Non, ceux dont je vais vous parler aujourd'hui, ceux dont le film de Yannick Kergoat et Gilles Balbastre parle, ceux là ont depuis bien longtemps oublié les règles qui régissent leur métier, et le mot déontologie ne signifie plus grand chose pour eux ... A l'image d'un Laurent Joffrin qui avouait en 2004 :
« Evidemment les journalistes ne peuvent pas s’ériger en commune libre et décider tout seuls de l’orientation idéologique.... Quand on crée un journal, on ne va pas tout d’un coup donner les clés à une équipe de journalistes qu’on aurait recrutés pour les besoins de la cause. Il est logique que le propriétaire fixe une orientation. » CQFD !

 

Le film de Yannick Kergoat et Gilles Balbastre est tiré d'un livre de Serge Halimi. C'est une charge violente contre ces journalistes qui se flattent de constituer un contre-pouvoir alors qu'ils sont trop souvent à la solde de celui-ci. Ils ont issus des mêmes écoles que les politiques ou les industriels, fréquentent les mêmes milieux, passent leurs vacances aux mêmes endroits, mangent dans les mêmes restaurants, et en définitive, sont payés par leurs anciens copains d'école pour rédiger des articles ou interviewer d'autres anciens copains d'école... Ni plus, ni moins.

Il est aujourd'hui incontestable que tous les médias appartiennent aux patrons de l'industrie et de la bourse. A cet égard, la carte du " Parti de la Presse et de l'Argent " établie par les réalisateurs est à la fois passionnante et consternante...  


 

Carte du Parti de la Presse et de l'Argent

 

Ces patrons sont des intimes des gouvernants et fréquentent assidument les salons dorés de la République. Prenez l'exemple de l'actuel Directeur des Relations Institutionnelles du célèbre groupe VINCI dont on voit les panneaux sur tous les chantiers des grandes villes. Et bien ce monsieur a été délégué général de l'UMP et Conseiller auprès d'Alain Juppe de 2002 à 2004, puis chef de cabinet du Ministre du logement et de la ville de 2004 à 2006. Il sera ensuite conseiller de Nicolas Sarkozy Président de l'UMP 2006-2008. Et pour finir en 2009, il intègre le groupe Vinci... Inutile de préciser que VINCI oeuvre à tour de bras dans la bonne ville de Bordeaux, dirigée par Juppé...


Comment peut-on alors envisager une quelconque indépendance et une quelconque objectivité des médias ? Il suffit pour s'en rendre compte, d'observer avec un oeil un peu aiguisé, comment sont présentés les faits dans les journaux télévisés...

Tenez, pas plus tard que la semaine dernière, la manière dont a été présenté le problème des dépassements d'honoraires dans l'hôpital public pouvait laisser penser que c'était une chose courante et que la faute en revenait à l'administration et donc au service public. Service public dont on sait qu'il est l'ennemi juré du parti au pouvoir...  UMP : Union pour un Maximum de Privé ???... Il aura fallu prêter une oreille très attentive pour comprendre que cela ne concernait qu'une infime minorité de médecins ( qui doivent voter UMP... ) et qu'il ne s'agissait que de médecins ayant une activité PRIVEE au sein d'un établissement PUBLIC, possibilité offerte par la loi Debré de 1958 ( Debré qui n'était pas franchement un gauchiste... ), abrogée par François Mitterrand, mais malheureusement rétablie depuis... J'imagine que bon nombre de téléspectateurs n'auront retenu que le fait qu'à l'hôpital, les dépassements d'honoraires étaient monnaie courante, ce qui est strictement faux... Si on cherche les chiffres, qui bien sûr, n'ont pas été donnés à la télévision, seuls 4500 médecins pratiquent une activité privée soit 15 % des praticiens, et sur ces 4500, 3000 pratiquent les tarifs conventionnés. Ils ne sont donc 1500 sur un total de 30 000 médecins hospitaliers à abuser de leur position pour pratiquer des tarifs prohibitifs. On est bien loin de la généralité que laissent entendre les médias ces derniers jours !!!  Un exemple parmi tant d'autres...

 

Au delà, le film montre aussi comment certaines interventions de ces ténors du journalisme, lors de colloques, salons, lancements publicitaires, sont très grassement rémunérées, les plus grands noms étant bien entendus "coachés" par des agences qui leur rabattent les potentiels et lucratifs clients... Clients qui peuvent appartenir aux mêmes groupes financiers que ceux qui possèdent les médias... Le monde est si petit !!!

 

Mercato

 

Le film pointe aussi du doigt les experts. Ah, les experts... Vous savez, ces gens qui plastronnent sur tous les plateaux de télévision ou qui se fendent régulièrement d'articles dans la presse. Bien souvent on ne connait pas leur nom, mais leur visage est connu de tous car ils sont partout, tout le temps. Vous aurez remarqué qu'on énonce très souvent qu'ils sont professeurs ou enseignants dans une quelconque université, tout en omettant soigneusement de préciser qu'ils sont aussi salariés par un grand groupe industriel ou encore qu'ils monnaient très cher leurs interventions lors de colloques ou autres manifestations à visée lobbyiste... On notera que ces experts, lorsqu'ils oeuvrent dans l'économique, n'ont pas été plus clairvoyants que les autres en ne diagnostiquant la crise dont nous sommes aujourd'hui victimes que lorsqu'elle fut avérée...!!! Et on s'apercevra aussi que ces chantres du libéralisme et de l'austérité la prônent essentiellement pour les autres, car eux mêmes se font grassement rémunérer leurs insipides prestations...

 

Bref, ce film dénoue les liens incestueux qui régissent tout ce microcosme au sein duquel la consanguinité n'est plus du tout un problème...


Un dernier mot: bien évidemment, si vous cherchez des critiques de ce film dans les grands journaux, ou sur un quelconque média national, vous constaterez qu'elles sont très souvent, pour ne pas dire toujours défavorables... Mais ne dit-on pas qu'il n'y a que la vérité qui blesse...?

 

Les nouveaux chiens de garde : Un film de salubrité publique !

 

Pour en savoir plus : Les Nouveaux chiens de Garde

 


 Les Nouveaux Chiens de Garde

 

 

 

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:00

Je ne vais pas en rajouter sur l'immense succès

et la consécrartion méritée de ce film.

 

Je voulais juste vous faire partager un petit bétisier sympa qui permet de revivre

en riant quelques instants de ce film...

 

 



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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 18:58

Qui n'a pas eu cette idée au moins une fois dans sa vie ? Une envie de communauté, de colocation, de partage d'un cadre de vie avec de bons, d'excellents amis ?

 

C'est aussi une idée qu'on peut avoir lorsqu'on est jeune, souvent poussé par des moyens financiers et un individualisme naturellement limités à cet âge... 

 

Albert, Jean, Claude, Annie et Jane sont des septuagénaires liés par une très longue amitié. Ils sont tous en pleine forme et vivent confortablement. Mais leur âge va bientôt les rattraper et les trous de mémoire de l'un, le coeur fragile de l'autre et des enfants inquiets vont agiter sous leur nez le spectre de la maison de retraite. Pour éviter cette sinistre échéance, ils vont décider d'habiter tous ensemble pour palier à leur début de dépendance. Mais la vie en communauté n'est bien évidemment pas aussi simple qu'il n'y parait...

 

Et si on vivait 1

 

Dans ce film, il y a de l'humour, de la tendresse et surtout une jolie brochette d'acteurs qui jouent à merveille...leur propre rôle ! J'ai retrouvé avec un immense plaisir un Guy Bedos militant, un Claude Rich toujours aussi séducteur, et un Pierre Richard étourdi comme à son habitude, sauf que là, son étourderie devient maldive au sens propre du terme... Côté fille, Géraldine Chaplin reste discrète face à Jane Fonda, qui parvient à faire oublier son âge par un pouvoir de séduction absolument impressionnant... Pour donner la réplique à ces adorables petits vieux, un jeune garçon, Daniel Brühl,  campe un auxiliaire de vie qui les aide dans l'accomplissement de travaux ménagers. Et le septième acteur de cette comédie, c'est la dépendance, omniprésente, en filigrane, qui rode au détour d'un trou de mémoire ou d'une incapacité à monter un escalier...

 

Et si on vivait 2

 

C'est drôle, souvent. Emouvant, toujours. Lourd, jamais. On regrettera une mise en scène qui fait plus penser au théâtre qu'au cinéma, mais ce détail n'est rien en regard du plaisir de voir ces acteurs aborder avec une justesse certaine la fin de vie et ses problèmes, lorsque la dépendance s'annonce ou que la maladie guette.

Bien sûr, on préfèrera tous vieillir comme Jean, mais si par malchance on se retrouve sans mémoire ou avec un coeur fragile, pouvoir compter sur un ami comme lui sera d'un soulagement inestimable...

 

 

Et si on vivait tous ensemble ?

Un film de Stephane Robelin

En ce moment sur les écrans et à l'Utopia

 

 

  Et si on vivait 3

 

 

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 05:46

Décidément, la misère et la précarité sont des sujets d'actualité dans la France de Sarkozy...

Après les campings bientôt interdits aux pauvres, je viens vous parler d'un film qui traite lui aussi de la précarité et des difficultés que peut rencontrer un jeune qui essaie de s'en sortir dans une société française en proie à une injustice grandissante et à la loi du plus fort.

 

Une Vie meilleure 1

 

Yann et Nadia rêvent de monter leur restaurant. Ils tombent sur une occasion au bord d'un lac et foncent tout droit à la banque pour financer leur projet. Mais de la coupe aux lèvres, le chemin est parfois plus long qu'il n'y parait. Et très vite, de crédit en plan de financement, ils se surrendettent et doivent trouver des solutions pour éviter la banqueroute... Une fuite en avant qui va les emmener au bord du gouffre.

 

Une Vie meilleure 2

 

Actuel. Voilà le premier mot qui vient à l'esprit au sortir de ce film, qui se vit comme un thriller, le spectateur de demandant en permanence comment nos deux héros vont réussir à se sortir de cette toile d'araignée inextricable qu'ils ont tissée eux-même. Guillaume Canet qui m'avait un peu agacé avec ses Petits Mouchoirs furieusement bobos, fait très vite oublier son statut de star et se glisse à merveille dans la peau de ce jeune cuisinier qui se débat dans son enfer bancaire. Pour lui donner la réplique dans le rôle de Nadia et de Slimane, Leïla Bekhti et Slimane Khettabi, un duo qui campe à merveille cette petite famille monoparentale telle que celles qu'on croise tous les jours dans notre quartier ou au supermarché. Les autres acteurs de ce film, ce sont l'argent, ou plutôt son manque, et les vautours qui lui sont associés, banque, organismes de crédit, hommes d'affaires peu scrupuleux qui attendent tranquillement que leur proie faillisse.

 

Bref, une histoire tristement d'actualité...


 

Une Vie Meilleure

 

Un film de Cédric Kahn

En ce moment sur les écrans et à l'Utopia

 

Une Vie meilleure 3

 

 


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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 19:00

Impossible pour moi de ne pas aller voir un film qui porte le nom de ma ville natale. A fortiori si celui-ci s'y déroule et laisse la part belle à cette ville unique en son genre puisque riche d'une architecture singulière et d'installations portuaires omniprésentes et visibles de partout en ville...

 

Le Havre 1

 

Marcel Marx (André Wilms) est cireur de chaussures. Il oeuvre très souvent dans les rues du Havre, mais son lieu de travail de prédilection, c'est la gare SNCF, lieu de passage par excellence. Il habite avec sa femme Arletty (Kati Outinen) une cité ouvrière au sein d'un quartier populeux, proche du port, constituée de petites maisons agglutinées unes aux autres avec les quelques commerces indispensables tels qu'une épicerie, une boulangerie sans oublier l'éternel bistrot du coin. Idrissa quant à lui est un petit garçon africain, arrivé au Havre dans un container de réfugiés, et qui a fuit lors de leur découverte par la police. Il est poursuivi par l'inspecteur Monet (Jean-Pierre Darroussin), un policier rugueux et obstiné. Leurs chemins vont se croiser près des bassins du port et Marcel va mettre tout en oeuvre pour que le gamin puisse rejoindre les siens en Angleterre...

 

Le Havre 3

 

C'est un bien curieux film que nous propose là le réalisateur finlandais Aki Kaurismäki, avec une histoire qui n'est pas sans rappeler celle que nous avaient offert en 2009 Philippe Lioret et Vincent Lindon avec leur film Welcome.

Curieux par ce que si l'histoire qui soulève le douloureux problème de l'émigration de réfugiés est terriblement actuelle, le réalisateur a choisi de la situer à une époque qui n'est pas clairement identifiable. En effet, les anachronismes sont légions. Ainsi, le téléphone portable et les CRS équipés de façon moderne cohabitent ici avec de vieilles Peugeot 403 ou encore des décors intérieurs qui évoquent furieusement les années 50. Cette curieuse intemporalité est accentuée par la façon dont le réalisateur a traité la bande son, avec une sonorité digne des films de l'époque, la manière toute particulière qu'ont les acteurs de déclamer leur texte, souvent un peu décalé, voire surréaliste, ou encore les couleurs saturées qui font penser aux vieux films colorisés... Si on ajoute à tout cela une musique tout aussi désuète, on obtient une sorte de conte moderne dans lequel les havrais, ou au delà, les amateurs de rock n'roll, auront la surprise de retrouver un revenant, Roberto Piazza, alias Little Bob, dans son propre rôle de rocker ultra kitch, avec son éternelle banane, blanchie par les années !!!

 

Bref, le spectacle est agréable à défaut d'être passionnant, et met en valeur la solidarité de ce qu'on appelait dans les années 50 les petites gens. Le tout dans un cadre auquel l'éloignement m'a rendu très attaché et que j'ai toujours grand plaisir à retrouver.

 

On notera que ce film a obtenu en 2011 le Prix Louis Delluc et le prix de la Critique Internationale à Cannes.

 

Le Havre

Un film de Aki Kaurismäki

En ce moment sur les écrans et notamment à l'Utopia

 

 

Le Havre 2

 

 


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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 12:42

Qu'évoque le mot Larzac pour vous ?

Probablement pas grand chose si vous avez moins de 40 ans, hormis si vous êtes fort en géographie, auquel cas vous êtes susceptible de pouvoir situer cette région sur une carte de France.

Pour les autres, les plus vieux, ils ne manqueront pas de se souvenir du début des années 70 et des protestations paysannes faces à un projet gouvernemental d'extension du camp d'entrainement militaire situé à la Cavalerie, dans l'Aveyron...

Et en fait de manifestation, je devrais plutôt parler d'insurrection puisque durant les dix années de lutte qui les a opposés au gouvernement, les exploitants agricoles locaux n'ont jamais baissé les bras, se sont opposés sans relache aux autorités civiles et militaires. Ils ont été rejoints et massivement aidés par bon nombre de jeunes et de militants non-violents...

 

Tout à commencé à la fin de l'année 1971, lorsque le ministre de la défense de l'époque, Michel Debré, décide d'agrandir le camp militaire et de passer sa superficie de 3000 à 17000 hectares, entrainant l'expropriation de 103 agriculteurs installés dans le secteur. Très vite, et au delà de tous les clivages, d'âge, d'origine, d'opinion, ces 103 vont se rassembler et opposer au gouvernement un front uni. Ils vont aller jusqu'à prêter serment, s'engageant chacun vis à vis des autres à ne vendre leurs terres à aucun prix, quelles que puissent en être les conditions. Très vite rejoints par des militants de gauche, d'extrême gauche et des groupes non-violents - on est alors en plein mouvement hippie - la cause des 103 va être ralliée par des milliers de pétitionnaires et des comités Larzac vont voir le jour dans de très nombreuses villes sur l'ensemble du territoire national. Des manifestations à pied, en tracteur, avec des brebis, seront organisées jusqu'à la Tour Eiffel. De nombreux meetings vont remplir des salles dans tout le pays, et la lutte va ainsi durer plus de dix ans. L'Etat tentera de juger certains paysans pour insoumission. Ceux-ci iront jusqu'à bâtir une immense bergerie de façon traditionnelle sans autorisation officielle. Des bénévoles en provenance de toute la France participeront à des travaux de remise en état des infrastructures routières et de communication... En fait, c'est une véritable guérilla non-violente qui va opposer l'Etat et son armée à quelques paysans, sans que jamais Goliath ne parvienne à décourager David... Et c'est l'élection de François Mitterrand en 1981 qui seule parviendra à mettre un terme à cette lutte farouche...

 

larzac

 

Le film "Tous au Larzac" retrace toute cette histoire, je devrais même parler d'épopée car plus de 10 années de lutte, ce n'est pas rien. Le réalisateur, Christian Rouaud, donne la parole aux différents protagonistes de l'époque, qui racontent avec leurs mots, leur humour et leur simplicité, ce combat qui les a opposés à l'arbitraire, à l'injustice et au cynisme d'un pouvoir politique aveugle. Durant deux heures, on peut ainsi se rendre compte que rien n'aura été épargné à ces paysans qui ont montré bien avant l'heure qu'on pouvait s'indigner pacifiquement vis à vis de méthodes qui n'avaient rien à envier à celle d'un Etat totalitaire, et pratiquer ce qu'il est convenu aujourd'hui d'appeler "la désobéissance civile". A présent, la quasi totalité des acteurs de l'époque est retombée dans l'anonymat, à l'exception de l'un d'entre eux, José Bové, qui faisait alors ses premières armes, qu'on retrouvera quelques années plus tard au sein de la Confédération Paysanne, et qui continuera à lutter pour une agriculture raisonnée...


Mais le grand enseignement que nous pouvons tous tirer de cette aventure hors du commun, c'est que c'est surtout grâce à une solidarité indéfectible que les 103 paysans ont réussi à tenir leur pari, rester chez eux, sur leurs terres et continuer à vivre et à faire vivre une agriculture locale trop souvent abandonnée au profit de pratiques et d'importations franchement déraisonnables...

 

Allez donc voir ces indignés, leur combat de l'époque demeure sinistrement d'actualité.

 

 

Tous au Larzac

Un film de Christina ROUAUD

En ce moment sur les écrans et à l'Utopia

 

TOUS AU LARZAC

 


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 15:52

On parle beaucoup ces temps-ci de la "droite humaniste". Si cette expression ressemble fortement à un oxymore et même si personnellement je doute fort que la droite puisse être humaniste, Bertrand Saint-Jean, le héros de l'Exercice de l'Etat, en ferait probablement partie.

Car ce n'est pas un monstre, ce ministre des transports qu'on réveille au creux de la nuit pour qu'il se rende illico à l'autre bout du pays, sur les lieux d'un terrible accident d'autocar. Ce déplacement sera d'ailleurs l'occasion d'une première et douloureuse confrontation avec le monde réel dont on devine qu'il est souvent très éloigné du quotidien d'un ministre. Il y en aura deux autres au cours du film, lorsqu'il rencontre l'épouse de son chauffeur qui ne sera pas tendre avec lui et qui ne mâchera pas ses mots, et plus tard sur une portion d'autoroute déserte... C'est même plutôt un type assez sympathique, à priori plutôt isolé dans un gouvernement dont toutes les ressemblances avec celui qui dirige aujourd'hui notre pays ne sont probablement pas totalement fortuites... Sympathique mais lâche, et on va rapidement s'apercevoir qu'il est prêt à toutes les compromissions pour parvenir à ses fins. Et alors me direz-vous, c'est naturel et c'est même une caractéristique commune à pas mal d'hommes politiques...

 

Exercice Etat 2

 

Certes mais pas seulement. Ce que montre très bien le film, c'est qu'entre l'urgence des situations de crise, la pression des médias, celle du pouvoir suprême, ici désignée par deux simples lettres, PR pour Président de la République, il est bien difficile de rester en piste et de ne pas se faire éjecter au premier faux pas. On verra d'ailleurs que le prix à payer par Bertrand Saint-Jean pour sauver sa mise sera bien élevé... De renoncements en ruptures, il gueulera parfois très fort, mais finira par se coucher... On mesurera aussi, même si on s'en doutait un peu, que tout, absolument tout, est affaire d'image et de communication, chaque mot étant pesé, chaque phrase décortiquée, chaque image analysée...

 

Exercice Etat 1


Celle qui gère cet aspect des choses, c'est Zabou Breitman, qui campe une parfaite conseillère en communication et qui va l'accompagner dans ses moindres déplacements. Pendant ce temps, à Paris au coeur même du Ministère et des couloirs de la République, Michel Blanc sera un "dircab" ( directeur de cabinet ) rompu aux manoeuvres et aux combines depuis de longues années, mais d'une honnêteté et d'une droiture telles qu'il devra bientôt faire des choix douloureux... La femme du ministre, interprétée par Arly Jover, supporte en silence la perpétuelle absence de son époux, et vit dans son ombre en attendant patiemment, et en silence puisqu'elle ne prononcera qu'une phrase (quel superbe symbole..!)  l'heure de son limogeage. On verra aussi un sénateur ventripotent, un haut-fonctionnaire cynique qui passe au privé au prix d'un joli conflit d'intérêt, de multiples conseillers capables de réécrire un discours dans une salle d'attente... Mais l'homme dont on suit le quotidien, ce ministre des transports, c'est Olivier Gourmet qui le joue, et d'une manière si efficace, si pointue qu'on est très vite emportés par le tourbillon de l'exercice du pouvoir, par la fuite en avant que constitue l'exercice de l'Etat et on suit ce parcours comme on suivrait un thriller... 

Un film simplement passionnant qui offre une vision sans concession de l'envers pas très reluisant du décor politique de notre pays...

 

 

L'Exercice de l'Etat

 

Un film de Pierre Schoeller

En ce moment sur les écrans et notamment à l'Utopia

 

Exercice Etat 3

 

 

 

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 22:39

Pourquoi ce titre ? J'avoue que celui-ci me laisse profondément perplexe, notamment à cause de l'emploi du pluriel... Est-ce une allusion à la trop fameuse caste indienne, tout en bas de l'échelle sociale et composée d'hommes destinés à rester célibataires ? Est-ce une allusion au malaise qui nous étreint bien souvent face au handicap et qui nous rend maladroits et fuyants ? Est-ce au contraire parce que l'accord entre ces deux là va rapidement les rendre inaccessibles aux autres et les rendre ainsi intouchables ? Peu importe à vrai dire car le premier mot qui vient à l'esprit en sortant de voir ce film c'est plutôt "touchant". 

 

Il s'agit de l'histoire improbable, pourtant tirée de faits réels, de la rencontre entre deux extrêmes, deux êtres que tout oppose. L'un est grand, vif, jeune, fort, pauvre, drôle, peu éduqué, pas trop honnête, en pleine santé et black. L'autre est riche, blanc, cultivé, triste, plus tout jeune et surtout, tétraplégique. Le hasard d'une offre d'emploi va les réunir et ces deux hommes que tout sépare vont bientôt se nourrir l'un de l'autre, et s'apporter à l'un à l'autre le complément qui manque à leur vie.

Philippe, personnage riche et tétraplégique est à la recherche d'un garde malade, pour l'assister au quotidien dans les tâches les plus élémentaires et les plus intimes.  Driss, un jeune issu d'une triste banlieue se présente à cette offre d'emploi, non pour obtenir le job mais pour justifier d'un semblant de recherche et pouvoir ainsi continuer à percevoir ses assedics. Ils vont transformer cet acte manqué en défi.

 

intouchables 1

 

Evitant les trop gros clichés, la lourdeur et la tristesse qu'on imagine obligatoirement liées à un film mettant en scène une personne handicapée, le film fait mouche dès la première scène. Omar Sy, dont on a tous fait connaissance dans la série de sketches "Omar et Fred, le SAV des émissions" est simplement fabuleux de drôlerie, de sensibilité et disons le en un mot, bourré de talent. La simple apparition à l'image de sa bouille suffit à provoquer le rire et quand je parle de rire, je veux dire rire à en pleurer. A tel point qu'à certain moments, on peine à reprendre son souffle ! Ce n'est pas toujours politiquement correct, c'est même franchement gonflé par moments, mais c'est tellement joué juste, c'est tellement bien amené, que ça passe sans la moindre douleur ou le moindre grincement de dents.

Quant à François Cluzet, cloué dans un fauteuil roulant, tout son jeu se résume dans le ton et dans les expressions de son visage. Et il est simplement fabuleux de vérité et de sensibilité. Une crispation de la bouche, une main qui glisse d'un accoudoir, un regard qui se trouble, tout est là... Car si on rit énormément en regardant ce film, l'émotion est tout aussi omniprésente et les larmes de rire le disputent aux larmes tout court. Avec un équilibre absolument formidable, tout en subtilité et en finesse...

 

Le film est entièrement porté par le duo d'acteurs, accompagné de Anne Le Ny qui joue le rôle d'une gouvernante un peu coincée et de la flamboyante Audrey Fleurot dans le rôle d'une secrétaire sexy en diable.

 

La rumeur parle déjà d'un succès qui pourrait atteindre voire dépasser celui de Bienvenue chez Les Chtis. Je veux bien le croire tant ce film est admirablement fichu. Allez le voir, je vous promets que vous ne serez pas déçus. 

Et si vous avez une meilleure explication que les miennes pour le titre, n'hésitez pas, je suis preneur ! 

 

 

  Intouchables

 

Un film de Eric Toledano et Olivier Nakache

En ce moment sur les écrans

 

 

 

Intouchables 2

 

 

 

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Les politiques, sauf rares exceptions,ne sont que des bouffons sans talent qui règnent sur un troupeau qu’ils méprisent avec soin... Qu'ils gardent à l'esprit que si nous sommes le troupeau, eux n’en sont que les chiens de garde...

Le Temps Passe...

Merci de votre visite !!!

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