A l’heure où le gouvernement cherche à relancer la consommation et à soutenir la croissance, l’annonce de pertes abyssales par la Société Générale, troisième banque française, sème le trouble
dans les esprits.
L’envolée depuis quelques semaines du prix des matières premières, due non seulement à une forte demande des pays émergeants, mais aussi à une spéculation effrénée, l’effondrement des marchés
boursiers mondiaux, la crise de l’immobilier américaine, autant d’évènements qui donnent à réfléchir et qui prouvent, si besoin était, l’aspect complètement artificiel de l’économie mondiale.
D’un côté, des masses d’argent astronomiques qui changent de main, en quelques secondes, de l’autre, des entreprises dont la santé ne tient qu’à un fil ténu, celui de la confiance des marchés. Et
entre les deux, des salariés, qui peuvent du jour au lendemain, se retrouver à la rue, pour protéger les bénéfices des investisseurs.
Avec l’affaire de la Société Générale, on reste pantois devant l’ampleur des sommes en jeu, et la facilité avec laquelle un tel établissement peut, du jour au lendemain, perdre 25% de sa valeur.
Comment, à un moment où l’on demande à chacun de faire preuve de rigueur dans ses revendications salariales, où l’on incite les particuliers à consommer et à emprunter, peut-on expliquer une
telle légèreté ?
Quand on apprend, quelque temps plus tard, qu’un des administrateurs a vendu, début janvier, puis à la veille de la "découverte" du pot aux roses, pour 86 millions d’euros d’actions de la SG, on
se demande vraiment si ce joli petit monde est bien honnête…
De deux choses l’une : Soit les garde-fous, les dispositifs de contrôle n’ont pas fonctionné, et c’est pour le moins inquiétant. Soit tout le monde était conscient des risques pris par le
trader, et dans ce cas, on ne peut qu'être très réservé quant à la capacité de cette entreprise à gérer ses capitaux, notre argent en fait…
Et ce ne sont pas les propos lénifiants des autorités qui vont nous rassurer. D’ailleurs, tout cela à un petit goût de déjà vu : Souvenez –vous, le nuage radioactif consécutif à la
catastrophe de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière, en lisant le panneau « France » !!!
Plus récemment, les secousses boursières dues à la crise des « Subprimes » américaines ne devaient pas avoir de répercutions dans notre joli pays. Pourtant, l’actualité démontre que les
banques françaises ont enregistré des pertes importantes. Et là, on tente de nous faire croire qu’il ne s’agit que d’un « trader fou »…
Bref, le système économique mondial, basé sur le profit maximum dans le temps minimum, est en passe d’avouer ses limites.
Rappelons tout de même qu’à l’origine, la finalité du système boursier, était de pouvoir financer des investissements industriels et commerciaux, afin de développer l’activité économique. Mais la
facilité avec laquelle on peut gagner ( ou perdre ) beaucoup, a très vite détourné le système de son objectif initial. Et le pouvoir de l’argent n’a semble t-il, plus aucune limite, contrairement
à celui de nos gouvernements…
Alors, plutôt que de se contenter d'affirmer que les marché financiers "marchent sur la tête", que nos dirigeants s'efforcent de les remettre d'aplomb !!!
Mais en ont-ils vraiment envie ?
Musique : Antisocial - Trust