J’en ai déjà parlé ici, ces élections municipales marquaient pour moi la fin de mon mandat, la fin d’une aventure humaine à la fois exaltante, riche en découvertes et en désillusions.
N’habitant plus Saint Louis de Montferrand, la question de me représenter à nouveau ne se posait pas. Pourtant, ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion de goûter à nouveau à cette excitation
que procure une campagne électorale, en suivant quelques unes des réunions préparatoires de la liste Ensemble Construisons Demain. Et j’ai eu des regrets de ne pas en être…. Vraiment.
En effet, face à un maire sortant, frisant le despotisme, et n’ayant même pas le courage de ses opinions, plusieurs élus, dont la première adjointe Annie Sumyk, aidée par Jean Chazeau, Conseiller
à la Communauté Urbaine de Bordeaux, ainsi que par Serge Vigier, Michel Salaun, et Suzette Chaleau, conseillers municipaux sortants, ont fondé une liste d’ouverture, face à celle de Pierre
Soubabère, soutenue par le parti socialiste et en particulier par les petits barons locaux, Philippe Madrelle et Jean Touzeau. Très petits...

Pourquoi deux listes concurrentes ? Parce que malheureusement la belle entente des débuts s'est peu à peu évanouie, et à l'aide de jolies carottes, les socialistes ont su racoller bon nombres
d'élus qui au départ, étaient issus de la société civile. Je ne reviendrai pas sur les tensions apparues lors du référendum sur la Constitution Européenne. Mais ce vote et l’engagement que nous
avons pris, Jean, Annie, moi et quelques autres, en militant contre ce texte, a définitivement contrarié ceux qui préfèrent les choses « rondes et lisses ». Moi, je dirais plutôt
« fades et insipides » ou encore « ternes et sans vie ». Ce fut l'origine d'un fossé, qui dès lors, n'a cessé de se creuser. Les socialistes aiment faire de la politique,
mais uniquement entre eux, et détestent le débat.
Bref, à l'automne, il a bien fallu se rendre à l'évidence : Le maire avait décidé de récupérer à son compte la totalité du pouvoir qui avait été harmonieusement réparti entre les diverses
sensibilités tout au long du mandat qui s'achevait. Il voulait être Maire, Conseiller Communautaire, et ne donner les postes d'adjoints, et notamment de premier adjoint, qu'à ses petits amis
socialistes. Aucune discussion n'étant possible, la seule issue résidait dans la création une liste concurrente.
Menée par une sympathisante communiste et par un communiste, Ensemble Construisons Demain, c’était des personnes issues d’horizons très divers, de tous âges et de toutes conditions, se
reconnaissant dans les valeurs portées par Annie et Jean, à savoir des idées plus progressistes et plus modernes que celles du PS, ayant envie de poursuivre l’aventure commencée il y a 7 ans, et
surtout, dans les conditions d’amitié, de responsabilité et de travail, qui ont fait le succès de notre conseil municipal dans ses premières années d’exercice.
J’ouvre ici une petite parenthèse. Je n’ai jamais adhéré à aucun parti et je ne me reconnais vraiment dans aucun. La droite, ce n'est pas la peine d'en parler. Mais à gauche, je cherche vainement
chaussure à mon pied, ou plutôt parti à mon cœur…
Le Parti Socialiste ? Pas assez à gauche depuis bien trop longtemps, et surtout, de bien trop fortes velléités d’hégémonie, cherchant par tous les moyens à phagocyter ses partenaires, et ce
sans la moindre vergogne, tous les moyens se révélant bons, même et surtout les pires.
Le Parti Communiste ? Plutôt mieux situé dans l’échelle des valeurs sociales auxquelles je suis attaché, je ne peux me défaire de cet à priori historique et des dérives que nous avons tous
connues.
Que reste t-il ? Certainement pas les Verts, qui se sont tellement entre-déchirés qu’ils en sont tous morts.
La Ligue Communiste Révolutionnaire et Lutte Ouvrière, qui ont le grand mérite, sinon d’être efficaces, du moins de ramener un peu le débat sur le terrain où il devrait se situer. Mais leur poids
est si dérisoire…
L’idéal ? Peut-être un Parti Communiste qui se serait définitivement débarrassé de ses casseroles et qui se serait modernisé. Reconnaissons lui tout de même, d'avoir considérablement changé
et de s'être remis sérieusement en question ces dernières années. Il est le seul. Et, il demeure aujourd'hui, le seul vrai parti pour défendre les plus faibles.
Ou alors peut être un PS débarrassé de ses mammouths, de ses querelles intestines, et s’ouvrant très franchement à gauche, notamment aux formations dont je viens de parler. Et qui, oubliant de
regarder son nombril, s’ancrerait très profondément à gauche, en s’éloignant définitivement du néant que représente le centre. Car on n’est jamais aussi fort que quand on a des alliés forts, et
aussi faible que lorsqu’on a tué ses alliés…. Le PS a tué tous ses alliés, le PC et les Verts notamment. Et aujourd’hui, il fait les yeux doux au Modem, ex-UDF, parti de droite. Le monde à
l’envers…
Je suis donc ce qu'il est convenu d'appeler un sympathisant communiste, puisque c'est là que je retrouve à peu près mes idées. Je referme la parenthèse.
Bref, aux élections municipales de 2008, nous nous sommes retrouvé à Saint Louis avec deux listes de gauche. La droite n’ayant pas de leader local et les anciens étant plutôt fatigués avant de se
battre…
Grisés par l’excellent accueil réservé par la population, nous y avons cru jusqu’au bout. Il faut dire que la qualité du travail mené tant par Annie que par Jean durant leur mandat, est
universellement reconnue. En face, la bataille menée par le maire sortant a été à son image, plutôt terne, avec quelques coups bas…
Démarrant très tardivement la campagne, car la rupture fut annoncée, à dessein, le plus tard possible, ce furent 4 mois d’un travail acharné, de publications et de réunions menées avec brio, qui
soudèrent une équipe réunissant de multiples compétences, le tout dans la bonne humeur ( Merci à Jean Luc et à sa compagne pour les crêpes gâteaux et café !!! ) et donnant naissance à une
amitié forte.
Jean Michel Mespoulede, dont je tiens à saluer le travail de titan accompli, s’est très vite affirmé comme un leader très charismatique, et ce trio a su amener tout son petit monde
jusqu’au bout, dans une grande confiance.
Mais probablement grisés par notre enthousiasme, et ayant été confrontés et confortés presque exclusivement par des gens déjà conquis, nous n’avons pas su voir que la majorité de l’électorat
montferrandais restait acquise au maire sortant, qui présentait un bilan extrêmement positif, et pour cause… Notre capital sympathie, bien que très important, n’a pas pu venir à bout des craintes
de la population face au changement, et celle-ci a donc reconduit le maire sortant et son équipe partiellement recomposée, dans ses fonctions. La poudre aux yeux et la vision à court terme
l'ont emporté. On va continuer à tartiner gaiement à Saint Louis de Montferrand...
Le suspense a été de courte durée puisque lors du dépouillement hier soir, très vite l’écart s’est creusé, et à 20h, nos illusions s’étaient envolées en même temps que la lumière du jour.
Ce matin, nous avions tous la gueule de bois. Et en ce qui me concerne, c'est décidé, jamais plus, je ne voterai pour un socialiste.
Merci à tous ceux qui ont témoigné leur confiance en votant pour les membres de cette équipe. Je peux témoigner de l'honnêteté et de la sincérité de leur engagement, et les assurer qu'il était
exempt de toute querelle personnelle. Ce qui n'était pas le cas de tout le monde...
Dans cet article, j'ai employé la première personne du pluriel, malgré le fait que je n'ai fait qu'assister à quelques réunions de campagne, tout
l'honneur du travail accompli revenant exclusivement aux 19 membres de cette liste. Mais je tiens, malgré tout, à rester solidaire avec eux, même dans la défaite.
Musique : Le Tunnel d'Or - Aaron