De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....
Les conflits, violents parfois, avec l’Eglise Catholique Romaine, laissent à penser que celle-ci fut la plus dure vis-à-vis de la recherche et de la connaissance scientifique. Il n’en est rien, la fréquence de ces conflits étant liée au fait que la science s’est souvent mieux développée dans les pays sous influence catholique. Rappelons aussi, qu’à l’époque, le religieux et le politique étaient étroitement liés... Mais l’Eglise Anglicane et l’Eglise Réformée, dans leurs territoires respectifs, ont-elles aussi été en profond désaccord avec leur recherche. Et au-delà de l’Europe, le Bouddhisme tibétain, par exemple, a laminé la science orientale, tout comme les califes ont persécuté ceux qui se mettaient en contradiction avec le Coran, comme Avicenne ou Averroès.
Que conclure de tout ce passé conflictuel et presque toujours antinomique ?
Que Dieu n’existe pas ?
Que la science doit intégrer son existence dans ses raisonnements ?
A mon sens, ni l’un ni l’autre. Car au-delà de Dieu, c’est avec les Eglises des hommes que le conflit a eu lieu et perdure par certains aspects du dogme religieux. Et celles-ci sont évidemment
perfectibles, leur passé politique pesant très lourdement sur leur présent spirituel...
De plus, l’origine de l’incompréhension entre les deux est presque exclusivement due à une lecture beaucoup trop littérale des textes religieux d’un côté, et à la tentation de prendre le pouvoir
de l’autre..
A l’inverse, la pensée scientifique qui tendrait à affirmer que « l’aventure individuelle humaine est la traversée d’un espace-temps dénué de logique. Plus
nous progressons dans notre compréhension du cosmos, et moins cette histoire a de sens...» ou encore qui affirmerait, comme le disait Jacques Monod, que « L’homme sait enfin qu’il est seul et qu’il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part. A lui de choisir entre le Royaume et les
ténèbres. » me semble tristement stérile et tout aussi incompréhensible que la Foi elle-même.
Peut-être qu’un juste milieu existe, incarné par Einstein.
Einstein, bien que juif, rejetait totalement la religion juive. Pour lui, le Dieu de la Bible était cruel, mesquin et trop vindicatif. Et l’idée d’un jugement dernier lui semblait
absurde. J’avoue le rejoindre sur ces deux points...
Il rejetait les dogmes de toutes les religions, et n’avait pas de mots assez durs pour qualifier les prêtres quels qu’ils soient. Pourtant, il disait croire en Dieu et prétendait même que
chercher à comprendre les lois qui régissent notre univers, c’était admettre que ces lois avaient un créateur et une finalité.

En conclusion je reprendrais un passage du livre qui, sans renvoyer totalement dos à dos, la science et la religion, rappelle que l’humilité et l’ouverture d’esprit demeurent essentiels
quelle que soit l'option choisie…
« La certitude du savoir entraine le dogmatisme, l’esprit dévot, l’intolérance. La religion donne des explications aux mystères du monde. La science cherche à comprendre ces mystères par la raison et elle est donc par définition limitée par les capacités du cerveau humain. Elle est donc vouée à des vérités successives, à des certitudes provisoires. Et c’est cette précarité, difficile à supporter pour l’homme, qui la distingue de la pensée mythique. Elle ne doit jamais l’oublier et succomber à la tentation du savoir absolu. »
Et n'oublions pas que la science ne nous donne pas une explication et une description complète de la réalité. Elle en donne la seule connaissance aujourd’hui accessible à l’être humain.
Et que l'essence même de la vie demeure inconnue.
De même, toutes les religions doivent admettre n’être que des chemins, pas si éloignés les uns des autres.
Des chemins qui doivent savoir s’effacer devant la noblesse de leur destination.
Musique : Blood of Eden - Peter Gabriel