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De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....

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Autoréduction : Le Robin des Bois des temps modernes ?

Mercredi 31 décembre dernier. Monoprix, Rue du Faubourg Saint Antoine à Paris.
Vers 16 heures, le magasin est bondé de gens qui viennent faire leurs dernières emplettes pour le réveillon du nouvel an. Une cinquantaine de personnes entrent dans le magasin, et remplissent 13 caddies de victuailles, du saumon, et du foie gras, mais aussi du riz, des pâtes, de l'huile.
Puis ils rejoignent la sortie et là, indiquent qu'ils entendent partir sans payer. Ils bloquent alors toutes les caisses.

Ces manifestants d'un genre nouveau sont là pour dénoncer « l’exposition de l’opulence occidentale aux yeux de ceux dont les conditions de vie ne font que se dégrader ». mais aussi « le cynisme d’un système où certains misent la vie des autres au casino, ces autres qui doivent  accepter n’importe quel emploi gracieusement offert et se mobiliser pour un quart de Smic ».
Un dialogue s'amorce entre ces militants, chomeurs, personnes vivant dans la précarité, et la direction. La police, prévenue, n'interviendra pas et les manifestants partiront une heure plus tard, avec leurs caddies, le magasin préférant cela à une perte de chiffre d'affaire plus importante dûe au blocage prolongé des caisses...

Quelques instants plus tard, le fruit de cette "autoréduction", ou réquisition, sera distribué à différent endroits, et notamment à la Bourse du Travail occupée par des sans-papiers, au gymnase Saint-Merri où les mal-logés de la rue de la Banque tentent de se protéger du froid, et à la Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile-de-France.
Ce genre d'opération avait déjà eu lieu il y a quelques semaines à Rennes et à Grenoble. 

J'avoue être assez partagé pour commenter ce genre d'action.

Pas mal de réflexions viennent à l'esprit...

La première, évidente, est que les démunis ont, eux aussi, le droit de faire la fête et de profiter de ce que la vie peut offrir. Et pour Monoprix, ces 13 caddies ne sont qu'une infime goutte d'eau dans un océan de profits ( 450 millions d'euros de bénéfice en 2008 pour le groupe Casino, à qui appartient Monoprix ).
La seconde est que c'est tout de même du vol. Et que cautionner ce genre d'action mène tout droit à l'anarchie. Cela étant, le cynisme avec lequel s'expose une société de consommation qui laisse au bord de la route de plus en plus de gens devient proprement insupportable. D'autant plus qu'on a le sentiment que les choses sont de pire en pire et que rien n'est fait, sinon pour y remédier, du moins, pour tenter d' y apporter quelques solutions...
La troisième, contrairement aux apparences, assez délicate à aborder et à trancher : Fallait-il prendre du foie gras ou juste des denrées de première nécessité ?

Pas simple de répondre.

Car au delà ce ce simple fait divers, on peut se poser la question de façon plus générale de la manière dont on vit la consommation, la nôtre certes, mais aussi celle des autres.

Car où est le bon sens ?


Sans aller bien loin, il suffit souvent d'observer les caddies des familles qui ont peu de moyens en ces temps de fête. Et que constate t-on ? Que ce sont souvent eux qui se saignent pour acheter les jouets les plus chers, peut-être pour compenser le temps qu'ils ne peuvent pas passer auprès de leurs gosses, et qui font l'impasse sur la nourriture en achetant de la merde à bas prix. Les chiffres et l'étude sociologique des enfants en surpoids confirme malheureusement l'inégalité criante face à l'alimentation et au risque d'obésité...
Mais peut-on pour autant blâmer ces gens ? N'ont-ils pas le droit comme les autres de faire la fête ou plus globalement de profiter de ce que le progrès nous apporte ? Doivent-ils, sous prétexte de leurs moyens limités être privés de tout ?
Ce qui est immoral dans cette histoire, c'est surtout que le business de la consommation tourne en grande partie grâce à ces gens, que Rafarin désignait par le doux vocable "France d'en bas"... Sans entrer dans les clichés à deux balles, on a tous à l'esprit ces familles qui crèveraient la dalle mais qui auraient un écran plat dans le salon et qui payeraient des jeux vidéo et des consoles dernier cri à leurs mômes... Bien sûr qu'elles existent ces familles, mais encore une fois, sommes nous en droit de les blâmer ? Je réponds clairement NON.

Non, car du fond de notre petit confort, c'est facile de donner des leçons...

"Salauds de pauvres" disait déjà Coluche, il y a presque trente ans... Et au delà, jamais les proverbes qui disent que l'argent va à l'argent, ou qu'on ne prête qu'aux riches, n'ont été aussi vrais.

T'es riche, on te prête, tu peux profiter des "bons coups". Tu vois quelque chose dans une vitrine, tu rentres, tu payes, tu possèdes. Et tu peux juger.
T'es pauvre, on ne te prête pas. Tu restes sur la touche. Tu vois quelque chose dans une vitrine. Soit tu t'en passes. Soit tu rentres, tu payes comme tu peux, et tu ne bouffes pas. Et tu es jugé. Mal jugé.

Et pourtant, à longueur de journée, la pub matraque, la pub affirme que si tu n'achètes pas le produit X ou Y, tu n'es pas dans le coup. Ou pire encore, que si ton enfant n'a pas le dernier truc à la mode, c'est que tu ne l'aimes pas... Quel parent n'a pas été confronté à ce problème... Alors vous me direz qu'on peut, qu'on doit expliquer aux enfants qu'on ne peut pas tout avoir, qu'il n'aura pas tout ce qu'il désire dans la vie, que le plaisir vient aussi de la frustration, et patati, et patata... Mouais, on peut. Mais pas tout le monde. Là aussi, il y a des inégalités face au dialogue...


Je pourrais encore en écrire des pages mais je vais m'arrêter là pour ce soir...
Alors oui, cette histoire de caddies réquisitionnés dérange. C'est d'ailleurs pourquoi il n'en a pas été fait état à la télévision. Mais on sait ce que valent les infos à la télé...

Elle dérange mais elle a l'immense mérite de faire réfléchir...

Et histoire de finir en dérangeant encore plus, je vais vous conter une petite histoire très perturbante que je vais vous livrer sans commentaire :

Il semblerait que lorsque la Banque Alimentaire prévoit une journée d'action dans la grande distribution, et il y en a de plus en plus, et bien les supermarchés s'empressent d'approvisionner du riz et des pâtes bas de gamme, pour que nous les achetions et les donnions à la sortie pour la collecte... 

Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de la grande distribution...

 

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D
A chacun selon ses besoins...Les riches ont-ils plus de besoins que les pauvres ? Peut-être, parce qu'ils sont plus débiles, moins capables de se débrouiller seuls pour se faire cuire un oeuf alors ils ont le droit de manger au restaurant ! Et ils sont devenus riches en nous vendant des trucs dont on n'a clairement pas besoin
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