Starsky et Hutch, vous vous souvenez ? Le petit brun et le grand blond...
Euh, non, pas Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux...!!! Les deux autres...
Je reprends... Donc, un petit brun et un grand blond, mais aussi et surtout, une bagnole de dingue, rouge avec des bandes blanches et des jantes Cal500 énormes, un look très à la mode à l'époque,
mais devenu complètement kitch aujourd'hui... Et bien cette voiture, c'était une Ford Gran Torino.

On retrouve cette même Gran Torino, version 72, dans le garage de Walt Kowalsky, un vétéran de la guerre de Corée et retraité des usines Ford, qui vient de perdre son épouse et qui vit
désormais seul avec Daisy, sa chienne labrador, dans son pavillon de banlieue. Certes, elle n'est pas rouge vif, mais vert métallisé... Mais elle est comme neuve, car il passe son temps à la
bichonner et ne roule jamais avec... Il préfère rouler dans un vieux pickup Ford. Et quand il ne lave pas sa voiture, il siffle canette de bière sur canette de bière, sur sa terrasse à l'ombre,
avec Daisy à ses pieds...en râlant.

Car Walt, c'est un vieux réac râleur, qui ne sourit jamais et qui ne cesse de proférer, à qui veut l'entendre, injures et propos racistes. Et lorsqu'il ne râle pas, il grogne... Il ne s'entend
pas avec ses fils, dont l'un ose lui faire l'affront de rouler dans un 4x4 japonais !!! A vrai dire, Walt ne s'entend avec personne...
Il y a bien longtemps qu'il demeure le seul blanc dans une banlieue devenue multicolore, avec différentes communautés qui cohabitent avec plus ou moins de bonheur, les blacks, les chicanos, et
les asiatiques.
Lorsqu'une famille hmong ( originaire du Laos ) s'installe juste à côté de chez lui, il les ignore, continuant à grogner et à râler pour lui même, drapeau américain fièrement dressé sur sa
maison... Jusqu'à ce qu'une bagarre entre jeunes déborde sur sa pelouse soigneusement entretenue... Il va alors chasser les importuns et nouer peu à peu des liens avec ses
voisins "bridés"...

Il est parfait, Clint Eastwood, dans ce rôle qui semble taillé sur mesure pour lui... Et pour cause !!!
Et le film fonctionne parfaitement.
Bien sûr, il en fait des tonnes. Bien sûr, on sent la machine hollywoodienne bien huilée. Bien sûr le film est pétrit de bons sentiments. Et le duo vieil acariâtre américain / jeune émigré semble
bien convenu... Mais le résultat est très drôle, très touchant, et Eastwood parvient à nous faire passer du rire aux larmes et inversement en quelques secondes, en se moquant de lui-même et de
son image qui lui reste collée à la peau, celle du flic facho et du justicier sans pitié. La scène du salon de coiffure, dans laquelle Walt apprend à Thao à se comporter "en homme" est à
hurler de rire...

Avant sa sortie, ce film était présenté comme un retour de l'inspecteur Harry. Ceux qui écrivaient cela n'avaient probablement pas vu le film car il n'en est absolument rien ! Comme quoi,
les journalistes et les critiques racontent souvent n'importe quoi... Car si on est loin de Sur la route de Madison ou de L'échange, on est tout aussi loin du personnage de Harry Callahan de Don Siegel ... Disons qu'on est juste revenu à un cinéma plus consensuel destiné à un public plus large...
Bref, vous l'avez compris, j'ai adoré...
Je pourrais en rajouter encore des tonnes mais pour conclure, Gran Torino, peut-être le dernier film avec Eastwood face à la caméra, est, comme pourrait le dire Walt Kowalsky, un putain
de bordel de bon film !!!
Et pour couronner le tout, la belle chanson du générique, que vous écoutez depuis quelques minutes, et intitulée... Gran Torino est signée... Clint eastwood !!!
Gran Torino
Un film de et avec Clint Eastwood
sur les écrans depuis hier
et à l'Utopia, bien évidemment.
