De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....
Eve ou Nathalie...
Elle, elle a choisi Eve. Pour ses parents, c'était Nathalie.
On la retrouve sur la route, dans la campagne bourguignonne. Elle va embaucher chez le boulanger d'un petit village, semblant perdu et isolé, voire déserté, et dont la femme, enceinte, ne
peut plus assurer la tournée. Mais on devine rapidement qu'elle n'est pas là par hasard. Elle poursuit un homme de ses assiduités. Un homme marié, dont l'épouse vient d'avoir un bébé...
On devine aussi que sa relation avec cet homme, n'a pas été tout à fait normale...
Cette fois, nous sommes aux antipodes d'un OSS117, tant dans la forme que dans le fond.
Dans la forme, pour commencer, avec de longs plans fixes, de trop longs plans fixes, qui se répètent et finissent par déstabiliser le spectateur, jusqu'à le mettre mal à l'aise... Des plans fixes
qui nous éloignent peu à peu de la réalité, et qui se terminent par une rupture et un retour brutal dans l'action...
Dans la manière de construire le récit, ensuite, par de toutes petites touches, si petites qu'elles peinent à mettre le spectateur sur la voie, et ce ne sera qu'au prix d'un effort
considérable qu'il y parviendra. Mais la marge d'interprétation est telle que tout le monde ne verra probablement pas le même film... Ce qui pourrait être une bonne idée mais qui dans
le cas présent, déservira le fond, ou plutôt le thème du film, à peine dévoilé, l'inceste...
Anaïs Demoustier par contre, est d'une ambiguïté troublante, et elle peut tour à tour émouvoir ou inquiéter, et même gêner par la simple expression ou inexpression de son visage...
Un film aux multiples facettes donc, à l'image de son actrice principale, mais qui trouble tellement qu'à la fin, il en devient dérangeant. Mais peut-être était-ce le but recherché par
l'auteure...
En ce qui me concerne, il a été atteint.
Sois Sage
Un film de Juliette Garcias
En ce moment à l'Utopia
