De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....
Imaginez que vous baladiez dans une rue commerçante, à Bordeaux ou ailleurs....
Vous voyez un objet qui vous plait dans une vitrine. Vous entrez et vous vous adressez au commerçant en lui disant : " Je le prends à 10 euros ( sachant qu'il en vaut trois fois plus ) . Et le
commerçant accepte, car il n'a pas le choix, tous ses clients agissant de la même manière. Ce serait le monde à l'envers, non ?
Et bien ce monde à l'envers, merveilleux du point de vue de l'acheteur, désastreux pour le vendeur, il existe, près de chez nous, en France, dans nos campagnes.
Car c'est ainsi que fonctionne notre agriculture, et en particulier, l'industrie laitière.

Le prix du lait est fixé par les acheteurs, coopératives, fromagers industriels ou autres, et les éleveurs ne peuvent que l'accepter. Et si le prix des produits laitiers avait flambé il
y a un an, pour cause de demande importante et de quotas relativements faibles, aujourd'hui la situation s'est inversée.
En effet, les industriels paient le lait 30% moins cher, passant à 210 €/1000 litres au lieu de 330 € il y a quelques semaines, car les cours des produits dérivés, comme la poudre de lait,
ont chuté en raison d'une demande moins importante, notamment en Asie avec l'affaire du lait à la mélamine....
Sachant que dans le même temps, les charges des agriculteurs ont augmenté de 25 %, en particulier à cause du coût élevé de l'énergie, on leur achête aujourd'hui le lait à perte.
Et le plus fort, c'est que paradoxalement, après avoir soigneusement répercuté la hausse au niveau des prix de détail en 2008 ( + 10% ), les grands de l'agroalimentaire et de la
distribution estiment qu'ils ne pourront pas répercuter la baisse car leurs marges en pâtiraient... Et bien voyons !!!!! Le lait, c'est comme l'essence : les répercutions, c'est toujours à
la hausse, jamais à la baisse...

Jusqu'en 2008, une réglementation imposait une négociation du prix tous les trimestres, entre les producteurs et les industriels. Mais la DGCCRF, au nom de la "libre concurrence", a supprimé
cette négociation, laissant les industriel libres d'imposer leurs tarifs, et ce, sans préavis ... Bravo !!! La déréglementation, c'est formidable.
Et pendant ce temps là, alors qu'on ne sait pas quoi faire de notre lait, 820 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde...
Un monde à l'envers qu'il va bien falloir retourner un jour......