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De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....

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Rade Terminus

C'est le troisième roman de Nicolas Fargues que je lis. Je vous avais parlé il y a quelques mois de J'étais derrière Toi, et de One Man Show que j'avais beaucoup aimés, surtout le premier, et celui-ci, bien que très différent, est tout aussi chouette ...

TOC : Trouble Obsessionnel Compulsif... J'en ai un... Je vous en parlerai sûrement un jour... Mais ce n'est pas du mien dont il s'agit aujourd'hui mais de celui de Philippe, le héros...
Un TOC plutôt curieux puisqu'il est l'objet de lubies subites, qui, par exemple, vont lui faire ouvrir et refermer une même porte quatre fois de suite, ou bien le pousser à prononcer cinq fois le même mot au cours d'une conversation... Mais n'est ce pas le propre des TOC d'être curieux ? Certainement.
Pour se rassurer, pour éviter de trop en souffrir, ou pour surmonter son angoisse lorsque la pulsion obsessionnelle le prend en public, Philippe se persuade que Dieu ( carrément ! ) le met à l'épreuve et que c'est lui qui lui impose de tels défis...

Mais les TOC de Philippe ne constituent pas le thème du roman. Même s'ils auront un rôle à y jouer...

Le centre de l'histoire, c'est Diego Suarez. Le centre, la destination et le lieu de l'action.
Diego Suarez ou Antsiranana. Ville la plus au nord de l'île de Madagascar, plus grande baie du monde après celle de Rio de Janeiro, c'est une cité cosmopolite, où cohabitent avec plus ou moins de bonheur les ethnies locales, mis aussi des comoriens, des indiens, des pakistanais, des chinois et des européens...

C'est à Diego-Suarez que nous allons retrouver, pêle-mêle, Maurice et Phidélyce, un couple qui a tout vendu et qui quitte la France pour s'installer là bas... Mathilde, une jeune fille lasse de s'occuper d'un père vivant seul et se laissant aller, et qui part un peu au hasard vers cette destination pour quelques jours de vacances... Amaury, un jeune blanc bec pistonné, qui va accompagner Philippe dans une mission humanitaire... Et enfin ce dernier, qui laisse en France ses enfants et Laure, sa femme enceinte d'un petit garçon, pour une mission assez longue de coopération avec les autorités malgaches...

Tous vont se retrouver dans cette ville où la pauvreté règne en maitre. Ils vont, sinon s'y croiser, en tous cas partager ce même sentiment de dépaysement et cette impression commune que même s'il n'y a rien dans ce coin perdu du monde, même si d'autres endroits sont à la fois plus attirants, plus accueillants et plus reposants, celui là possède quelque chose qui vous pousse à y rester... Et l'auteur sait de quoi il parle puisqu'il vit à Madagascar depuis bien longtemps...

Ce roman a un côté inattendu, voire inachevé et il vaut son pesant d'or rien que pour la liste qui figure à la fin et qui cite, en vrac, toutes les singularités de l'endroit et de ceux qui y vivent. Je vous en cite quelques unes juste pour le plaisir: 

Ici, les gens tremblent des lèvres et des mains lorsqu'ils s'adressent à un blanc..

Ici, les mécaniciens n'ont pas de clés plates, les ferronniers pas de fer, les peintres pas de pinceaux...

Ici, la mémoire n'a pas d'importance mais on se souvient de toi...

Ici, les blancs disent : " J'en ai marre" mais ils restent tous...

Ici, dans les bars et les restaurants, on appelle fruits exotiques les fruits d'ici...

Ici, pour dire "au petit matin", on dit "de grand matin"...

Ici, on n'écoute pas les autres en pensant à ce qu'on va dire quand ils auront fini...
 

 


Rade Terminus

Un roman de Nicolas Fargues













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