De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....
Il fut un temps où l'histoire du cornichon se jouait localement, dans l'Yonne et en Côte d'Or, et la distance entre les agriculteurs-producteurs et les usines de mise en bocaux de cette
petite cucurbitacée se résumait à une poignée de kilomètres...
Mais depuis quelques années, rien ne va plus au pays du cornichon !!!
Lorsque vous achetez un bocal de cornichons Amora ou Maille - c'est la même chose - vous étiez sûrement persuadés, comme moi, de déguster des cornichons bien français... Et bien non, la
mondialisation frappe aussi les cornichons !!!

Dans ces bocaux, Amora, qui appartient au groupe Néerlando-britanique Unilever et qui contrôle 50% de la production mondiale, ne met plus que des cornichons indiens, qui parcourent 7000
kilomètres en tonneaux pour débarquer finalement dans votre assiette... Et les producteurs français, essentiellement basés dans l'Yonne ou en Côte d'Or sont obligés d'exporter leur production
vers les pays de l'Est, car Amora ne veut plus de leurs cornichons...
Le prétexte invoqué par Amora, et concernant la qualité moins bonne en France qu'en Inde, parachevant la mise au à mort de nos producteurs locaux... Mais la vraie raison, une fois
de plus, réside dans le coût : Comment faire face à des cornichons cultivés à l'autre bout du monde et payés 40% moins chers ? Résultat, les usines en France, et notamment à Dijon, ferment
les unes après les autres, et en Inde, les propriétaires d'exploitations de cornichons sont devenus milliardaires... Et les usines sont aussi parties s'installer là-bas...
Importer ce que nous consommons et exporter ce que nous produisons, voilà encore un bel exemple du développement durable dont on nous rebat les oreilles depuis quelques temps... Et si au lieu
d'instaurer une stupide taxe carbone qui ne servira qu'à exonérer nos politiques d'une réflexion de fond, nous prenions de vraies mesures contre ces dérives kafkaïennes de l'industrie
agroalimentaire ?
Gageons qu'à force de prendre les consommateurs pour des...cornichons, il arrivera un moment où les industriels peu scrupuleux se retrouveront comme des cons, mais d'ici là, le mal aura été fait,
les emplois détruits et le savoir-faire envolé...
