De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....
Vous en avez assez de la canicule et des 40° à l'ombre ?
Je vous propose un bain de fraicheur et le dépaysement absolu avec ce roman de Arnaldur Indridason...
L'action se déroule en effet en Islande, et donc sous des latitudes qui n'ont rien en commun avec les nôtres... Là bas, la vie est d'avantage rythmée par les saisons que par l'alternance du jour
et de la nuit, puisque le soleil ne se couche pas durant six mois par an et finit par disparaitre durant les six mois suivants. Ce qui semble particulièrement difficile à vivre puisque les
taux d'alcoolisme et de suicide sont parmi les plus élevés du monde...
Et au dépaysement géographique va s'ajouter le dépaysement des noms. Ou plutôt des prénoms puisqu'en Islande, l'usage veut que les personnes soient désignées par leur prénom auquel on adjoint les
désinences - son - pour fils de, ou - dottir - pour fille de... Les noms patronymiques sont rarement utilises... Ainsi, Eva Lind, fille d'Erlendur, sera désignée sous le
nom de Eva Lind Erlendssdottir... Et on peut ainsi déduire que l'auteur est le fils de Indrid...
Et ils sont pour le moins curieux les prénoms Islandais !!! C'est ainsi qu'au fil des pages, nous allons faire la connaissance d'Erlendur, de Sigurdur, d'Elinborg, ou encore de Bergthora,
Hrafnhildur et Haraldur...
Mais revenons à l'histoire...
A la suite de mouvements géologiques, le niveau du lac de Kleifarvatn, dans la région de la capitale Reykjavik ( les noms des villes et des différents endroits sont tout aussi
particuliers et non moins imprononçables !!! ) baisse de plusieurs mètres et laisse apparaitre un squelette.
Chose curieuse, à ce squelette se trouve attaché un vieux récepteur radio de fabrication soviétique et datant visiblement des années 50...
Erlendur, un policier qui fait parfois penser à l'Adamsberg de Vargas, va mener l'enquête afin de découvrir l'identité de ce mystérieux cadavre, une enquête qui va le plonger de plain-pied
40 ans en arrière, à l'époque où la guerre froide était à son paroxysme et au cœur d'une Allemagne de l'est où il était dangereux de ne pas être en accord avec les autorités politiques
et la toute puissante Stasi, la police politique de la RDA...
Un ouvrage passionnant qui, au delà de l'intrigue, nous emmène au cœur d'une époque et d'un régime politique totalitaire ayant complètement dévoyé des idées et une conception de la société
humaine qui était pourtant riche de promesses et pas forcément si utopique que cela... De la même manière qu'aujourd'hui le capitalisme se corrompt lorsqu'il oublie ses fondements et sa raison
d'être, le socialisme a, à cette époque, prouvé que lorsqu'il devenait extrême, et qu'il était appliqué par des personnes aux valeurs douteuses, il devenait dangereux... Si les leçons en ont été
tirées d'hier, j'ai bien peur qu'elles ne l'aient pas été d'aujourd'hui...
L'Homme du Lac
Un roman de Arnaldur Indriadason
Aux éditions Points
