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De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....

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Amour et Popotin...

Victorine s'est faite virer du pensionnat d'Agen, dans lequel elle poursuivait ses études, en se faisant surprendre dans le lit d'une de ses co-disciples. Sa belle-mère, désespérée par son comportement l'envoie donc, pour la punir, servir de femme de chambre à une famille bourgeoise de Villeneuve sur Lot.  C'était ça ou bien finir comme ouvrière agricole dans une ferme. Victorine n'a pas hésité longtemps. La voilà donc qui débarque dans la vaste maison familliale des Bergeret. Cette demeure abrite, outre Monsieur le Député, son épouse et leur fille Edwige, Monsieur Lépine, le frère de Madame, et Aude sa veuve de soeur. Gravitent autour de la maison, Léon, le gardien, Gustave, le secrétaire du député, et quelques amis et amies des uns ou des autres...
Victorine, peu farouche pour tout ce qui touche au sexe, ne reculant pas non plus face aux relations saphiques que lui imposeront mère, soeur et fille, va vite devenir le jouet favori de toute la tribu, le point commun de tous ses membres étant une lubricité plus que certaine, pour ne pas dire sans limites...

Voilà pour le décor !
A la lecture de ce rapide résumé d'Amour et Popotin, d'Esparbec, on se dit que ce roman va être très... croustillant, et la machine à fantasmes se met très vite en route... Mais elle s'arrête tout aussi vite !!!

Car autant vous le dire de suite, si au début c'est plutôt sympa à lire, très vite, ça lasse.

Parce que c'est beaucoup trop répétitif. Et parce que je n'aime pas du tout la manière dont c'est écrit.

Si c'est facile et agréable à lire, c'est le vocabulaire utilisé que je n'ai pas du tout goûté.
C'est vulgaire et inutilement cru, ce qui à mon sens, enlève tout pouvoir émotionnel et excitant au propos.
Bien sûr, l'auteur précise qu'il s'agit d'un roman pornographique. D'accord. Ce qui sous-entend qu'on ne va pas se cacher derrière son petit doigt et dire les choses telles qu'elles sont. Soit. Mais est-ce une raison pour utiliser des mots qui évoquent plus le vocabulaire du boucher ou du chirurgien que celui de l'érotisme et du sexe ?

"Ses mains descendirent sous le bureau et ses doigts tirèrent les lèvres vers le haut,en les séparant. Cela eut pour effet de dépiauter son clitoris; elle s'éventrait presque; son con en perdait sa forme, n'était plus qu'une vaste blessure rosâtre toute baignée de mouille."

Et bien je ne sais pas pour vous, mais je ne trouve pas ça follement érotique, ni même pornographique, les mots anihillant l'érotisme de la scène qui se compose dans l'esprit du lecteur. En tous cas dans le mien...

De nombreuses critiques encensent Esparbec pour son écriture directe, se félicitant de sa façon d'appeler un cul, un cul et un con, un con. Peut-être, mais moi, je n'aime pas ça. Du tout. On peut tout à fait décrire des scènes pornographiques sans utiliser de mots vulgaires et  pousser le souci du détail très loin, sans pour autant tomber dans la description d'une devanture de charcuterie... Un peu à la manière des transparences subtiles, qui  sont  souvent bien plus exitantes que la nudité pure... Et c'est d'autant plus dommage que pas mal de scènes sont terriblement...chaudes, et seraient probablement irrésistibles avec un language approprié. Sans compter qu'Esparbec balaye tous les tabous les uns après les autres... Ou presque. Heureusement.

Bien sûr, dans l'emploi de ces mots, il y a, de la part de l'auteur, une volonté de provoquer, de bousculer un peu l'ordre établi. Bref, une forme de subversion. Mais sur 600 pages, ça fait un peu beaucoup et passé le temps de la découverte, de la curiosité, de l'émoustillement, on frise l'écoeurement.
L'auteur a beau affirmer, et il n'a pas tort, que “En fait, nous avons peur du cul. Certes, il s’étale sur les murs, on ne voit que lui ; mais il s’agit d’un cul édulcoré, naturalisé, dénaturé, d’un cul de remplacement, en latex. Le vrai cul, avec ses misères, ses terreurs, ses odeurs pas toujours alléchantes, ses rites grotesques, le cul tel qu’on le pratique dans la vie et non pas les guignolades des vidéocassettes ou des romans mode de jeunes femmes «délurées» ou de partouzeuses sur le retour qui se contentent d’excès verbeux,  voilà le Graal dont je suis en quête. “,  ce cul là, pour reprendre ses propres mots, ce n'est pas celui que j'avais envie de lire. On peut quand même aspirer à mieux dans ce genre de lecture qu'à un dégoût !!! 

Bref, vous l'avez compris, je n'ai pas aimé le cul d'Esparbec !!!


Amour et Popotin

d'Esparbec

aux éditions La Musardine




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