De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....
Mercredi avait lieu la seconde partie de la conférence du CUSD sur l'attitude de l'Eglise vis à vis des femmes et le débat devait traiter de la misogynie de l'institution
catholique...
Notre intervenant a cette fois, longuement disserté sur le rôle et l'importance de Marie pour l'Eglise.
J'avoue que là, je n'ai pas spécialement accroché. Je ne suis pas "fan" de Marie et des dogmes plutôt difficiles à comprendre et à accepter s'y rattachant.
L'Immaculée Conception qui l'exempte de tout péché, et l'Assomption, qui l'aurait enlevée corps et âme de cette terre me laissent profondément perplexe.
Je dirais même qu'ils me dérangent... Mon côté Saint Thomas ?..
Mais ce n'est pas important.

Au terme de l'exposé, un débat s'est engagé et une dame a directement mis les pieds dans le plat en disant qu'à ses yeux ( et aux nôtres... ) le fait qu'aucune femme ne puisse avoir accès au
sacerdoce lui semblait une profonde injustice.
Notre ami en a convenu, et a précisé qu'il n'y avait aucune raison anthropologique pour justifier ce fait.
La seule raison étant que durant la vie de Jesus, celui-ci n'avait jamais confié de responsabilité sacerdotale à une femme. Pourtant, son attitude vis à vis d'elles était sans équivoque et il ne
les considérait pas comme inférieures, loin de là...
Je me suis demandé alors, en profane, s'il avait oublié de faire un geste en ce sens ? Peut-être le temps lui a t-il manqué pour cela...
Il y a une phrase pourtant dans les évangiles qui vient à l'encontre de cela, une phrase qui m'a toujours laissé pensif. Il l'a prononcée au tout début de son ministère, et on pourrait dire
qu'elle fut à l'origine de son destin sur terre. C'était lors des noces de Cana.
Marie vient chercher Jesus en lui disant : "Ils n'ont plus de vin"
Et il lui répond : "Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore venue."
Et Marie répond en s'adressant aux serviteurs : "Faites ce qu'il vous dira..."
C'est troublant comme dans cette simple phrase, on sent déjà que son sort est scellé... Mais au delà, c'est le mot "femme", s'adressant à sa mère qui est perturbant... Un peu comme si sa mère
était réduite à sa condition de femme... On imagine même le ton sur lequel il peut prononcer cette phrase, avec peut-être une pointe de mépris dans la voix...
Mais c'était au début. Et dans un seul des quatre Evangiles. Plus tard, il multipliera les gestes envers les femmes et elles seront nombreuses à intervenir dans son action. Jusqu'au bout. Encore
une fois, le sort des femmes à cette époque n'était guère enviable et par rapport à une religion juive, à cet égard peu conciliante, Mais Jesus a bousculé considérablement l'ordre
établi. Il n'a pas respecté le Sabbat, à bousculé les marchands du temple, discutait avec toutes sortes de gens rejetés par les juifs... On ne peut donc pas arguer du poids des traditions à son
encontre. Il était éminemment subversif...
En revenant un instant sur ce dialogue entre Jesus et Marie, on observera qu'il sonne comme un signal... Comme si elle lui avait dit : "Maintenant, tu dois agir et oeuvrer..." Et sa
réponse aux serviteurs, résonne comme un ordre aux hommes d'obéir...
Mais revenons à nos moutons...
Et si on retournait le problème ? Et si c'était justement pour montrer, pour prouver que l'ordre charismatique était bien plus important que l'ordre sacerdotal ? Et si tout simplement, c'était
une manière de signifier que les prêtres, évêques et autres papes n'étaient pas fondamentaux dans l'Eglise ? Qu'ils n'étaient pas nécessairement de meilleurs chrétiens que les femmes ? Et que les
femmes n'avaient en aucun cas besoin de ce biais pour accéder à la parole ? Qu'elles pouvaient jouer leur rôle sans passer par une hiérarchie inutile ?
J'avoue être plutôt séduit par l'idée...
Mais j'y mettrai un bémol : Il manquera toujours, au yeux de nombreux chrétiens, un besoin de reconnaissance, de crédibilité, d'audience. Aujourd'hui, hormis quelques religieuses charismatiques,
quelle est la voix des femmes dans une Eglise où seuls les prêtres et la hiérarchie disposent de la parole publique ? Pourtant, les femmes sont là et elles remplissent les
églises...

Au delà de leur place dans l'Eglise,on peut s'interroger sur la place des femmes dans la société.
A cet égard, je ne suis pas sûr que le mouvement féministe des trente dernières années n'ai apporté que des choses positives. Certes, il y avait un besoin criant de rétablir une justice. C'est
évident et absolument incontestable.
Mais en même temps, une femme ne sera jamais égale à un homme. Et l'inverse est tout aussi vrai. Et il n'y a pas de jugement de valeur dans cette affirmation.... A vouloir cette égalité, elle
risque d'y perdre tout simplement sa féminité. Féminité qui n'est rien de moins que son identité, sa particularité, sa singularité.
L'un des moteurs du féminisme était de reprendre possesion de son corps, ce qui me semble on ne peut plus légitime, mais aussi de s'affirmer professionnellement, ce qui ne l'est pas moins. Mais
le résultat de cette volonté de s'accomplir dans une vie sociale aura été la dévalorisation de la femme au foyer.
Je m'empresse de préciser mon propos parce que j'ai peur que les femmes qui me lisent voient leurs cheveux se dresser sur leur tête : Rassurez vous, je ne prône pas le retour de la femme au
foyer !!! Loin de moi cette idée !!!
Mais je souhaite une liberté de choix. Et surtout, je déplore l'image de "bobonne stupide" qu'ont ces femmes, dans l'esprit de nombreuses femmes "actives et libérées"...
C'était juste cela que je voulais préciser !!! D'autant plus que si les hommes laissaient leur part de féminité s'exprimer un peu, et renoncaient aux rôles stéréotypés, quel progrès pour
l'humanité !!! D'ailleurs, le regard de la société sur les trop rares hommes au foyer n'est pas meilleur...
Parce que je vais vous faire une confidence : Homme au foyer, moi, ça m'aurait bien plu !!! Et ma virilité, ou ce qu'il est convenu d'appeler ainsi, n'en aurait aucunement souffert ... Bien au
contraire !!!
Il y a tellement d'autres manières de s'accomplir et de réussir sa vie qu'au boulot... N'en déplaise aux tenants du carriérisme !!!
On vaut par ce qu'on est, pas parce qu'on fait ou par ce que l'on a...
On vaut par ce que l'on a à l'intérieur de nous-même, pas par l'apparence, qui n'est que ce que peuvent voir les autres... L'intériorité ne se laisse qu'entrevoir...
Voilà bien un domaine, parmi tant d'autres, dans lequel nous gagnerions à être aussi subversifs que Jesus l'a été il y a 2000 ans...