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De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....

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Hunger : A corps perdu...

L'IRA. L' Armée Républicaine Irlandaise.

Elle mène une lutte sans répit depuis 1919 pour obtenir l'indépendance de l'Irlande vis à vis du Royaume Uni.
D'attentats terroristes en cessez-le-feu, elle combattra  jusqu'au 28 juillet 2005, date à laquelle elle déposera les armes pour laisser la place à la voie démocratique pour la réunification de l'Irlande.
Entre 1969 et 2006, période probablement la plus dure du conflit, plus de 3500 personnes trouveront la mort...

En septembre 1976, les prisonniers de l'IRA enfermés dans la prison de Maze entament la Blanket Protest, refusant de revêtir l'uniforme des détenus de droit commun, et ne portant plus qu'une couverture comme vêtement. Ils revendiquent le statut de prisonniers politiques. Face à un refus de l'administraiton britannique, ils entament alors une grève de l'hygiène, la No Wash Protest. Dès lors, les détenus ne se lavent plus, refusent de sortir de leur cellule, et étalent sur les murs de celle-ci leurs déjections... Commence alors un véritable bras de fer avec l'administration pénitentiaire, la violence répondant à la violence... Sans résultat, cette grève laisse la place quelques mois plus tard à une grève de la faim totale, qui va entraîner la mort de 10 prisonniers dans d'horribles souffrances...


Le film de Steve Mc Queen retrace donc ce mouvement des détenus de l'IRA, avec à leur tête Bobby Sands.
Sans aucune concession. Sans aucune pudeur.

Autant le dire de suite, il vaut mieux avoir l'estomac bien accroché pour voir ce film...

La violence des images n'a d'égale que la précision quasi chirugicale avec laquelle le cinéaste nous raconte cette histoire sans dialogue ou presque, une histoire dans laquelle l'absurdité est poussée jusqu'à son point ultime, son point de non-retour. La caméra filme froidement, si froidement qu'on se surprend presque à n'éprouver aucun sentiment, même face à des images d'une violence inouie...


Pas de jugement dans le film, dans la mesure où Bobby Sands n'est ni élevé au statut de martyr, ni abaissé au niveau d'un fou jusqu'au boutiste. On suit juste le parcours d'un homme ancré dans ses convictions face à une administration qui ne prétend pas céder. Un homme dont on ne peut nier le courage et la force. Un homme qui retourne sa violence contre lui-même, son propre corps devenant le lieu du combat.

La conclusion ? Que la violence ne peut qu'engendrer la violence et qu'aucune idéologie ne justifie le terrorisme, tout comme aucun délit ne peut justifier la barbarie.
Et toutes ces morts, tant irlandaises que britanniques auront été inutiles...



Hunger

Un film de Steve McQueen
En ce moment à l'Utopia




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