De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....
Que d'hypocrisie !
Dans le mot d'abord.
Pourquoi "beau" ou "belle" ? On peut être beau-père ou belle-mère et être moche !!!
Plus sérieusement, est-ce une délicate attention de notre langue pour compenser le fait qu'il ou elle ne soit pas un père, une mère, un fils ou une fille à part entière ? On aura
beau ( !!! ) l'appeler comme on voudra, il ou elle ne restera jamais qu'un parent ou enfant par alliance, mésalliance ou désalliance...
Bref, on a bien là une subtilité ridicule de notre langue...
Cela dit, nous sommes nombreux à être "beaux", puisqu'en France, 1,6 millions d'enfants vivent au sein de familles recomposées et 2,7 millions dans des foyers nono-parentaux. L'INED (
Institut National d'Etudes Démographiques) précise aussi qu'environ 30.000 enfants vivent dans des familles composées de deux adultes du même sexe. J'y reviendrai.
Dans le projet de loi ensuite.
Car créer un statut du beau parent ne peut que laisser perplexe et on est bel ( !!! ) et bien en droit de se demander quelle est la finalité d'un tel texte de loi...
S'il s'agit de donner l'autorité parentale au beau-parent, je ne suis pas sûr que beaucoup d'entre eux aient envie de l'assumer. En tous cas, en ce qui me concerne, je n'en ai pas envie. Et
il n'y en a pas besoin non plus d'ailleurs. De même, je n'ai pas envie de laisser cette responsabilité à un autre en ce qui concerne Victor.
A partir du moment où l'enfant a un père et une mère, ce sont eux qui doivent assurer et assumer cette autorité. Sachant les difficultés qui peuvent exister entre les deux parents au sujet de
cette autorité, je n'ose imaginer la venue d'un tiers dans cette affaire... Lorsqu'une décision majeure doit être prise, c'est aux parents de la prendre et à personne d'autre. Je parle bien
évidement du cas où aucun des deux parents n'a été déchu ou n'a abandonné son autorité parentale.
Si on donne la parole aux beaux-parents, pourquoi ne pas la donner aussi aux grands-parents, aux oncles et tantes et réunir un véritable conseil d'administration lorsqu'il faudra décider si le
gamin doit ou non être autorisé à faire telle ou telle chose...!!!
Car on l'a échappée belle ( !!! ) puisque lorsqu'on interroge Dominique Versini, initiatrice de ce projet, elle précise :
"C'est une bonne nouvelle de voir le président Sarkozy s'inspirer du rapport que j'avais remis, il y a un an, à son prédécesseur. Je regrette cependant qu'il limite le statut du
tiers aux seuls beaux-parents en écartant toutes les autres personnes avec lesquelles les enfants ont tissé des liens étroits et durables : demi-frères et sœurs, oncle ou tante, parrain ou
marraine, famille d'accueil, etc. "
Nous voilà rassurés... Enfin presque, puisque dans l'exposé de ses motifs, le projet évoque "les liens affectifs étroits et durables" qu'auraient noués les
enfants avec "des tiers, grands-parents, beaux-parents, oncles, tantes, demi-frères et soeurs..."
Tant que nous y sommes, on aurait peut-être pu ajouter Médor, le chien, et Mirza, le chat...!!!
Une loi pour juger des "liens affectifs"... Je trouve cela consternant. Pourquoi user d'une loi en matière de relations humaines ? Elles sont bonnes ou mauvaises et légiférer n'y
changera jamais rien. Si l'enfant a des liens, ils subsisteront. S'il n'en a pas, la loi ne les créera pas. Au contraire. Celle-ci ne fera qu'envenimer la situation en cas de relations
difficiles... Rappelons que dans l'absolu, la haine est aussi un lien affectif...
Il est déjà difficile pour les enfants, comme pour les parents, même si tout se passe bien, d'avoir ou de conserver des repères, alors introduire en
plus, dans une situation parfois complexe, l'autorité d'une tierce personne ne fera que compliquer encore les choses. Sans compter que la famille recomposée peut se décomposer à nouveau.
Combien de beaux-parents vont ainsi entrer dans la vie de l’enfant ? Donner une autorité légale au beau-parent peut aussi amener à des conflits entre adultes, dont l'enfant fera les
frais. Mais surtout, de nombreux pères risquent de se sentir encore plus exclus de la vie de leur enfant. Et ça, c'est dramatique.
L’autorité hiérarchique du beau-parent, qui est celle de l’adulte sur l’enfant, me semble largement suffisante,
même si elle est parfois loin d'être évidente à obtenir. Dans la pratique, c’est le père ou la mère, qui, si il ou elle le désire, délègue une partie de son autorité à son nouveau
conjoint, et non l'autre parent biologique. Pour que son autorité soit respectée, il suffit théoriquement que le parent dise à l’enfant qu’il doit politesse et respect à son nouveau
compagnon. Théoriquement.
Et quoi qu'on en dise, et à part dans les téléfilms diffusés sur TF1, les enfants savent très bien faire la différence entre leurs parents et leurs
beaux-parents...
Je pense que plutôt que de donner des droits ( et pourquoi pas des devoirs ? ) aux beaux-parents, il serait plutôt bon de s'attarder un peu sur les
droits et devoirs mutuels des parents biologiques divorcés sur l'enfant et sur la manière dont doit être exercée cette fameuse autorité parentale. Car il y a là un vrai problème, et qui n'est
jamais abordé.
Qu'en est-il des droits du père, notamment, en matière de garde ? Pourquoi la garde est-elle de façon quasi systématique exercée par la mère ? Le versement d'une pension alimentaire exonère t-il
de tout devoir éducatif ? Pourquoi les pères ne sont t-ils trop souvent qu'un portefeuille ? En ce qui concerne cette pension justement, pourquoi n'existe t-il pas un barème, auquel chacun
pourrait se référer, et une réévaluation annuelle en fonction des revenus de chacun des deux ex-conjoints ? Surtout aujourd'hui où la situation de chacun peut basculer du jour au lendemain...
Bref, on voit bien que sous cet angle, celui du quotidien des parents divorcés et des familles recomposées, la loi semble inutile et même plutôt malvenue.
Par contre, et on mesurera l'hypocrisie de ce texte, rien n'est précisé, justement, en ce qui concerne l'homoparentalité, l'adoption et les droits du parent vivant avec le parent
biologique.
Car si les médias, toujours à l'affût de la polémique, se sont emparés de ce qui pourrait se cacher derrière ce texte et en particulier ce qui pourrait avoir trait à l'homoparentalité, ce n'est
qu'un rideau de fumée...
Objectivement, je n'ai rien vu dans ce texte qui constitue la moindre évolution en ce domaine. Juste peut-être le fait qu'il ne soit pas fait état de "père" ou de "mère" mais uniquement de
"parents"... Et la petite phrase dans le chapitre des motifs et qui fait état du nombre de familles dont les deux adultes ont le même sexe...
Ce qui ne justifie en rien l'opposition farouche de Christine Boutin, comme elle l'avait fait pour le PACS... Elle démontre une fois de plus son intégrisme et sa vision rétrograde en la
matière. Et si polémique il y a, elle vient d'elle et de nulle part ailleurs. Son homophobie lui fait voir des choses qui n'existent pas.
Au fait, en, matière de loi justement, l'homophobie n'est-elle pas un crime ?