De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....
Total : 14 milliards d'euros
Exxon Mobil: 60 milliards d'euros
Shell : 40 milliards d'euros
BP : 30 milliards d'euros
Rosneft : 15 milliards d'euros
Ces chiffres sont les montants des bénéfices nets réalisés par ces sociétés en 2008. On le voit, lorsque les automobilistes tirent la langue à la pompe, les pétroliers se frottent les mains et
écoutent le doux son des milliards qui tombent inexorablement dans leur caisse. La vie n'est pas dure pour tout le monde et la crise n'est pas non plus la même pour toutes les
entreprises...
Mais ce dont on ne se rend pas compte, c'est que pour les entreprises de transport, l'addition devient tout simplement insupportable. Il faut savoir que le coût du carburant représente 25 à 30 %
du chiffre d'affaire d'une entreprise de transport routier, soit plusieurs centaines de milliers d'euros par an.
Mais alors qu'elles sont parvenues à encaisser tant bien que mal la hausse du prix des carburants de l'été dernier, au prix bien souvent d'une trésorerie exsangue, un nouvel obstacle se dresse devant elles : La crise économique.
Dans la frilosité ambiante, et après avoir joué avec l'argent des autres au grand casino de la bourse mondiale, les banques, les organismes de crédit et d'assurance retirent les uns après les
autres leurs garanties, de crainte de voir les entreprises se retrouver dans l'incapacité d'honorer leurs engagements et cesser le paiement de leurs factures pour cause de faillite.
Faute de cautionnement ou d'assurance, les compagnies pétrolières demandent donc aux entreprises de transport de s'auto-cautionner en exigeant le versement immédiat d'une provision pouvant
atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. Dans de nombreux cas, c'est tout simplement impossible.
Un transporteur de Bretagne, a reçu ainsi la visite de l'attaché commercial de la compagnie pétrolière avec laquelle il a un contrat et qui lui fournit ses cartes de paiement de
carburant. Celui-ci lui réclame une caution de 50.000 € et l'informe que tant que cette caution ne sera pas versée, les cartes seront bloquées. Plus de carburant.
Mme D., dirigeante d'une entreprise possédant cinq camions s'est vue de la même façon réclamer un chèque de 20.000 €, son organisme de cautionnement, la SFAC, s'étant retirée et AS24, son
fournisseur de carburant, ne voulant pas courir le moindre risque de ne pas être payé en fin de mois.
Plus près de nous encore, dans l'agglomération bordelaise, Claude A. qui dirige une société employant 9 chauffeurs, se voit exiger 28.000 euros, faute de quoi le robinet à carburant sera
coupé.
Ceux qui me connaissent et qui me lisent depuis un moment savent bien ce que je pense du transport routier.
J'estime qu'il est mal utilisé et que s'il se justifie pleinement sur de courtes distances, le transport au long cours, notamment entre le nord et le sud de l'Europe est totalement irresponsable
et devrait être, sinon interdit, du moins, fortement limité. Certains pays, et non des moindres comme l'Allemagne, ont pris des mesures en ce sens.
De plus, je suis convaincu que le transport n'est pas payé à sa juste valeur et que le dumping de ces dernières années en la matière a conduit ces entreprises à vivre sur une corde raide, leur
survie étant liée à celle du coût du carburant... L'ouverture des frontières et la concurrence des entreprises de l'Est y est aussi pour beaucoup... Je persiste à penser que transporter le lait
breton en Grèce pour en faire des yaourts qui seront ensuite vendus en Hollande est stupide. Et que si le coût du transport était plus élevé, et à son juste prix, on brasserait le lait sur son
lieu de production et ils seraient consommés sur place ! Ce qui, vous me l'accorderez, serait beaucoup plus logique et raisonnable... Et ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres...
Aujourd'hui, 80% du transport se fait par voie routière et 80% du coût réel de ce transport est payé par la collectivité, qui finance la construction et l'entretien des routes... Ce n'est pas
logique.
Mais à présent, les faits sont là et indépendamment d'une réflexion plus large sur le fond, il est urgent d'agir pour sauver nos entreprises et surtout les emplois qui y sont liés.
Les pouvoirs publics et les politiques ont encouragé le transport routier. Maintenant, il faut avoir le courage de l'assumer.
Et plutôt que pousser ces entreprises à la faillite, avec son lot de personnes au chômage à la clé, il conviendrait de demander aux banques une contrepartie aux milliards que l'Etat leur à offert
sur un plateau ces dernières semaines. De plus, il s'agirait aussi de contraindre les pétroliers à prendre un peu de risque, du haut de leur montagne d'or, et de les contraindre à renoncer à ce
système de cautionnement, en le rendant illégal.
Imaginez un instant si tous les acteurs de l'économie, si toutes les entreprises demandaient un cautionnement à leurs clients : Je ne suis pas sûr que notre pays continuerait à fonctionner longtemps...
Les banques, et les organismes financiers au sens large, ont poussé notre économie au bord du gouffre. Cessons de ramper devant leur pseudo pouvoir et contraignons les simplement à faire leur
métier. Celui-ci comporte des risques, mais c'est leur rôle de les assumer. Dans les autres pays, y compris dans le temple du capitalisme libéral que sont les Etats Unis, les Etats ont pris des
participations dans les banques en échange de leur refinancement à grand coups de milliards. En France, Sarko n'a pas voulu ou n'a pas osé. Il a préféré offrir gratuitement l'aide des
contribuables, et se contenter d'un accord de principe tacite, sans le moindre engagement formel... Je ne suis pas sûr qu'une parole donnée ait quelque valeur que ce soit dans le monde des
affaires... Une prise de participation aurait pourtant créé un moyen d'action et de pression efficace...
Doit-on en déduire que tout cela n'était que de la poudre aux yeux ?
Pensez en ce que vous voulez, mais en ce qui me concerne, mon opinion est faite.