De tout et de rien, des mots, des images, je n'ose pas dire des idées.....
Qant 1 journalist ce mele de démagoji et dézir avoir ler coule, il fo s'atandre a tou é surtou o pir...
Fransoi 2clozé a déssider 2 s'ataké a l'ortografe dan son dernié boukin et il ne mank ni dargumant ni dimaginassion...
J'arrête là avec mon français qui n'en est plus car mine de rien, c'est plutôt difficile d'écrire en phonétique...!!!
Vous l'avez compris, dans son dernier livre, François De Closet s'attaque à la langue française, et plus particulièrement à son orthographe.
Et il a bien raison !!! C'est vrai quoi, c'est vachement dur d'apprendre toutes ces conjugaisons débiles, et tous ces mots qui s'écrivent différemment alors qu'ils se prononcent
de la même façon !!! Et puis pourquoi obligerions-nous nos gosses à apprendre à écrire correctement ? A quoi ça sert, sinon à en chier grave sur les bancs de l'école ?
Plus sérieusement, il est vrai que la langue française n'est pas particulièrement simple et qu'elle comporte tellement d'exceptions qu'elles deviennent presque la règle. Mais quelle langue n'en a
pas ? L'anglais, si souvent cité en exemple, compte tout de même une jolie collection de verbes irréguliers... Quant à la langue chinoise, si nos écoliers devaient apprendre les 50 000
idéogrammes qu'elle compte, ou même simplement les 2000 utilisés couramment, ce serait toujours plus difficile que les quelques 250 mots de leur vocabulaire étriqué...
De Closet n'y va pas par quatre chemins puisqu'il affirme qu'avec les correcteurs orthographiques présents sur nos ordinateurs, il n'est plus nécessaire d'apprendre l'orthographe ou la grammaire.
Il affirme qu'au lieu d'apprendre l'orthographe, il est plus malin d'apprendre à se servir des correcteurs et qu'ils feront le boulot à notre place... Et face aux regards ahuris ou consternés de
son auditoire, il va même jusqu'à rappeler que l'arrivée des calculatrices électroniques avait provoqué les mêmes levées de boucliers.
Mouais, sauf que l'apparition de la calculatrice a simplement tué le calcul mental et qu'il n'est pas rare de voir nos jeunes la sortir du tiroir pour savoir combien font 4 fois 10... Alors à
quand le correcteur orthographique pour écrire à sa fiancée les trois mots "je t'aime" sans faire de fautes...?

Notre bon François estime aussi que notre orthographe est trop souvent un critère de sélection, et il trouve cela regrettable. Dans ce cas, il n'y a pas que l'orthographe auquel il faut
s'attaquer !!! Il va falloir supprimer pas mal de choses, voire à peu près tout, puisque toutes les matières contribuent à la sélection... Mais il faudra aussi (et surtout !!!) supprimer les
mathématiques et toutes les règles de calcul... Comme cela, 10 et 10 feront 25... Je suis sûr que cela va plaire à certains !!!
Il estime que notre orthographe pénalise ceux qui n'ont pas une bonne mémoire. C'est évident, mais ne lui est-il pas venu à l'esprit que nous ne sommes pas tous égaux devant l'apprentissage et
que ceux qui ont une mauvaise mémoire, de toutes manières et dans toutes les matières, devront fournir un effort supplémentaire ? Et oui, cher François, la vie est vraiment trop injuste...
Tiens, puisque nous y sommes, parlons en de l'effort.
Le fond du problème ne serait il pas là ? Dans ce simple mot, effort ?
Y aurait-il que l'orthographe française qui demande un effort ? Tout le reste ne serait-il que facilité ?
Personnellement, je ne suis pas particulièrement sportif. Et mes notes à l'école n'étaient pas géniales dans cette spécialité. Mais sûrement qu'avec quelques efforts, j'aurais pu tirer mon
épingle du jeu... Alors devons nous aussi supprimer le sport afin qu'il ne sélectionne pas lui non plus ? Et envoyer au CREPS n'importe qui, même ceux qui ne sont pas sportifs, histoire de mettre
tout le monde sur un pied d'égalité ?
Et ainsi de suite pour le reste, et en particulier pour les matières artistiques. D'aucuns seront infoutus de dessiner une chose simple alors que d'autres parviendront au sublime... Il
y a de l'injustice là aussi...
Mais revenons un instant aux mathématiques et aux matières scientifiques. Ne sont-elles pas les matières de sélection par excellence ? Devons-nous pour autant faire table rase et les oublier
?
Remarquez, Il est vrai qu'avec la récente démonstration de l'incapacité d'un ex-ministre de l'éducation à faire une simple règle de trois, on peut légitimement penser que les maths ne servent à
rien pour accéder au plus haut niveau de la République...
Mais effectivement, tout apprentissage demande des efforts. Plus ou moins prononcés, mais quelques efforts tout de même, et un minimum de travail. Et ce travail, cet effort, aucun correcteur
orthographique aussi sophistiqué soit-il, ne pourra le remplacer. Car pour que le correcteur ait quelque chose à corriger, il faut au minimum qu'il ait quelque chose
d'écrit...
Aujourd'hui, nos enfants savent manier ordinateurs, Ipods et autres consoles de jeux. L'interactivité, le multimédia n'ont aucun secret pour eux. Au collège, au lycée, on leur enseigne énormément
de choses, mais ils ne font plus de dictées, ils ne lisent plus, il ne dissertent que très peu.
Pourtant, l’orthographe n’était pas différente ni plus facile il y a trente ans. Ce qui est bien la preuve d'un certain renoncement de l'école... On a notamment interdit de distinguer
les notes de Français selon qu’elles concernaient la rédaction, l’orthographe, la grammaire ou l’explication de texte. Au lieu d’avoir une note sur le bulletin trimestriel comme
aujourd’hui, on en avait quatre, ce qui obligeait à faire un minimum d'effort dans l'ensemble de ces disciplines. On a aussi pondéré la notation pour ne pas trop défavoriser les
élèves réfractaires à la dictée...
D'aucun me répondront qu'avec Internet, ils n'ont quasiment plus besoin d'apprendre, ce nouvel outil leur apportant sur un plateau toutes les réponses aux questions qu'ils se posent.
Sauf que pour obtenir une réponse, même de la part de notre bon ami Google, il faut savoir poser les questions ou plus exactement LA bonne question. Si possible, sans faute
d'orthographe...
Et cela, il faut bien l'apprendre. C'est malheureusement loin d'être le cas.

A une époque où l'anglais, où la culture anglo-saxonne deviennent omniprésents, le français, correctement écrit et parlé doit être utilisé et enseigné en France. L'exception culturelle française
n'est pas faite que de chansons ou de cinéma. Elle est aussi une langue extrêmement riche, qui donne aux écrivains et aux lecteurs un plaisir immense, pourvu qu'ils sachent l'écrire et la lire,
pourvu qu'ils sachent en goûter toutes les nuances. Supprimons l'orthographe et la grammaire, et très vite, la littérature deviendra une langue étrangère...
Jamais un correcteur orthographique et grammatical ne saura remplacer un bon usage de notre langue. Si on supprime les règles et les codes, très vite chacun utilisera son propre langage et le
bien commun qu'est notre langue se transformera très vite en une multitude de dialectes ou patois, chacun étant utilisé par un groupe social différent, avec de moins en moins de
compréhension d'un groupe à l'autre. Jusqu'à la totale dislocation de notre société. Car la langue parlée et écrite en constitue probablement le meilleur socle qui soit.
Régulièrement, la question se pose de la nécessité de "réformer" l'orthographe, de supprimer certaines exceptions, de simplifier tout simplement notre langue. Si le français est vivant et
doit par conséquent évoluer constamment, je ne suis pas sûr pour autant qu'il faille faire table rase de toutes ses subtilités.
Chaque mot possède sa propre signification, sa propre histoire. Et de toutes manières, si certaines règles semblent stupides et incompréhensibles, nos jeunes ne butent pas sur celles-ci mais bien
souvent sur l'orthographe de base, sur la conjugaison de base, sur le vocabulaire de base, lequel compte aujourd'hui deux à trois fois moins de mots qu'il y a trente ans...
Alors mon cher François De Closet, effectivement, je suis d'accord qu'il n'est point besoin de connaitre parfaitement la conjugaison du verbe moudre à l'imparfait du subjonctif pour vivre
heureux.
Par contre, il me semble vraiment fondamental de savoir conjuguer le présent du verbe écrire...
Et ça, ça s'apprend quand même assez aisément. Il faut simplement le vouloir.